L’arbre ville

Aujourd’hui, marche et photo, pour changer un peu.

Au détour d’un chemin, je suis tombée en arrêt devant ces arbres coupés.

Leur écorce dressée, hérissée me donne l’impression que même à terre, ils continuent à résister. Et de la plus belle manière. J’y vois des villes, des « skylines » comme on dit en anglais . J’ai envie de les dessiner, de les graver peut-être un jour.

En attendant, les voici en photo.

F.I.L, la suite

Encore une belle journée à l’atelier hier, et deux nouvelles propositions pour mon projet FIL (Femme intérieure Libre).

Tout d’abord , ma préférée du jour : une impression d’une gravure sur cuivre d’un bustier sur un patron de petite robe retrouvée dans les vieilles armoires de mon atelier en Ariège :

Ensuite , des essais de volume et de gaufrage sur la robe gravée : ici, eau-forte sur cuivre imprimée sur papier d’art .

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui.

Femmes sur le fil , II

Le corset

Des nouvelles du projet pour 2022 intitulé « FIL » pour « Femme Intérieure Libre » que j’avais présenté ici : Femmes sur le fil.

Ce titre, cet acronyme, ont toute une histoire… Jeune femme, on m’a souvent raillée pour mes piètres qualités de ménagère et de cuisinière. Je n’ai jamais été ce qu’on avait coutume d’appeler  » une femme d’intérieur ». Mais je me souviens du jour où, pour ma défense, j’ai répondu que j’étais plutôt « une femme intérieure ».

Aujourd’hui, débarrassée des carcans et des attentes qui pèsent parfois sur les jeunes femmes qui « se mettent en ménage » ( ah, la vilaine expression !) j’entends exprimer le long cheminement de la femme intérieure libre. Libérée mais consciente de tout ce que les femmes avant moi ont pu avoir de contraintes, de corvées liées aux tâches domestiques.

Comment concilier le domestique – étymologiquement tout ce qui a trait à la maison – et le sauvage ? Le chat et le tigre en nous, la ménagère et la mégère non apprivoisée ? Mon travail actuel explore le poids du linge, celui que les femmes lavaient, comme celui qu’elles devaient porter pour maintenir leur corps en cage : lessives à étendre , corsets, culottes , gaines , couture, points et chemins de croix …

Femmes sur le fil

Hier le Salon Artempo (Cugnaux, 31) s’est clôturé et je suis repartie avec un prix pour ma série sur les maisons (Salon Artempo / La maison de mes rêves…/Série Maisons).

J’ai pris ce prix comme un encouragement, et surtout le signal qu’il est temps pour moi de tourner cette page inspirée par les confinements.

Le tournant a déjà été esquissé cet été avec un travail autour du tissu, du travail des femmes qui se prolonge un samedi par mois dans l’atelier de recherche plastique de Sandrine Ginisty. Voici, en quelques images, les ébauches et balbutiements de cette nouvelle série au titre provisoire :  » Femmes sur le fil « .

De gauche à droite : 1. Robe de vendangeuse , début XXe siècle avec impression de cyanotypes

2. Série Métiers de femme d’antan, techniques mixtures : photos, cyanotype, broderie.

3. Extrait de « La Femme cousue » sur cyanotype rebrodé

4. Eau-forte : le fil à linges

5. Le bustier, eau-forte

6. Détail de la série métiers de femmes d’antan

Salon Artempo

J’ai la chance faire partie des 20 artistes invités pour le 20e anniversaire du salon d’art contemporain Artempo ( Cugnaux, près de Toulouse)

Le salon est ouvert les mardis, jeudis et vendredis de 14h à 18h et les mercredis samedi s en continu de 10 a 18h.

Je serai sur place , Quai des Arts, place Léo Lagrange à Cugnaux samedi 29 janvier de 15h à 17h pour une rencontre avec vous, le public!

À très bientôt et meilleurs vœux pour la nouvelle année !

Avec ou sans encre ?

Pendant ces vacances j’ai pris le temps de comparer différentes imprimantes de poche qui utilisent la technologie « Zink « , c’est à dire « zero ink« . Ce petit instrument me faisait de l’oeil depuis le début de l’année 2020, mais une mini imprimante, pourquoi faire? Et bien pour explorer d’autres pistes d’impression, continuer à mêler photo, gravure , sérigraphie et fabriquer de toutes petites cartes postales pour la correspondance que j’entretiens avec quelques amies artistes.

Pour les curieux, voilà comment marche la technologie « zink »:

« Tout ce passe dans le papier. Le papier d’apparence blanche avant l’impression contient tout ce qu’il faut pour se passer d’une cartouche d’encre. Le papier inventé par Zink contient tout l’encre à l’intérieur sous la forme de cristaux de couleurs répartie sur des couches différentes.

Les 3 couches intermédiaires de cristaux, incolores avant l’impression, sont activés par la tête thermique contenue dans l’appareil photo ou l’imprimante. Ceux-ci ne se colorent que lorsqu’ils sont exposés à la source de chaleur envoyée par la tête de l’imprimante. La chaleur provoque une réaction chimique qui fait fondre les cristaux et c’est le mélange de chaque couche qui donne les couleurs nécessaires pour créer la photo la plus fidèle possible.

Lorsque la tête d’impression passe sur le papier, différentes intensités de chaleur sont appliquées, ce qui donne une variété de couleurs. Ces différentes couleurs sont possibles parce que chaque couche répond à sa propre plage de température. » https://printyourlife.fr/papier-zink/

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que la technologie a été initiée par Polaroid: je suis une grande nostalgique de mes « Pola » et le plaisir d’imprimer instantanément des photos est resté très vif en moi . Et puis je trouve fascinant que ça fonctionne sans encre, moi qui passe mon temps à utiliser de l’encre par ailleurs, que ce soit dans l’écriture ou l’impression de gravures et de sérigraphies.

Pour finir, une photo de l’imprimante et de mes trois premières impressions :

L’imprimante (11,8 x 8,2 ) et les tirages (5 x 7,6)

Femme maison, contes et art brut

Le temps est de nouveau au repli chez soi, sur soi, depuis le couvre-feu ces dix derniers jours. Les expositions sont annulées les unes après les autres alors autant mettre à profit cette « vacance » pour reprendre des recherches.

Sans le vouloir vraiment, mes pas m’ont ramenée du côté des maisons La maison de mes rêves… , de Louise Bourgeois sur laquelle j’ai déjà écrit un petit texte : B comme Bourgeois, Baudelaire et Bièvre… ou des contes que j’ai illustrés à mes débuts en gravure.

En fait je ne savais pas que la Maison avait été au coeur de l’oeuvre de Louise B: je l’ai découvert en écoutant un reportage qui évoquait l’exposition Women House à La Monnaie de Paris en 2018. Ce reportage m’a conduite sur le site du MOMA qui montre des dizaines de dessins de l’artiste, à la lecture d’ un bel essai dont je mets le lien ici :https://www.moma.org/s/lb/louise_bourgeois/lb_essay_2017.pdf et enfin à une série sur France Culture : https://www.franceculture.fr/emissions/series/louise-bourgeois

Hier soir j’écoutais distraitement l’émission Barbatruc sur Inter en essayant une recette de soupe à l’échalote (je vous dis tout). Les invités devisaient sur les contes de Perrault et notamment sur Barbe Bleue que je ne connaissais pas plus que ça. En fin d’émission, Dorothée Barba évoque un livre dont le titre me parle immédiatement : Les contes de Perrault illustrés par l’art brut. Quelques clics plus tard, j’ai découvert la perle rare (et chère)…

Pour vous donner un aperçu des illustrations superbes qui émaillent ce beau livre, je partage ici cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=YWRjrEYFAAA

Voilà de quoi nourrir mes rêveries et peut-être me donner à nouveau envie de dessiner et graver à partir de ces contes. Et hop, un très beau livre sur le sapin, je commence ma liste (et si elle s’arrête là je serai comblée)

Architecture et sérigraphie

Parmi les sources de joie du retour à la vie tous ensemble, il y a les séances hebdomadaires de sérigraphie à l’atelier 54 fils au cm. Le projet a vu le jour la veille du confinement (cf Repli sur soie, initiation à la sérigraphie) et a donc eu tout le temps de mûrir ce printemps.

Le projet « Maison » prend donc un tournant avec l’introduction de cette technique nouvelle pour moi que j’essaie de combiner avec la gravure. Les deux sérigraphies ci-dessous sont une base de travail. Viendront s’y ajouter certaines de mes estampes et des collages . Le thème « Silent Monitor » est une référence au travail dans les filatures écossaises au XIXème siècle et à la naissance du mouvement ouvrier. J’écrirai tantôt un billet pour vous en dire plus.

Silent Monitor I, sérigraphie en 3 couleurs primaires
Silent Monitor II: en haut à gauche sérigraphie en 2 couleurs inspirées par la photo de Denis Rioux en dessous. Autour, des essais de combinaison avec des tirages gravure juste posés

Les 4 saisons d’une estampe

Hello again ! Rien écrit ici depuis le 23 mai, date à laquelle j’ai vraiment recommencé mes activités dehors. J’ai été bien occupée depuis, et ravie de revivre ainsi dans les ambiances d’atelier, même si c’est au prix de masques et de conversations et rires étouffés.

Je suis d’abord retournée à l’Atelier de La Main Gauche, mon atelier « historique », familial même, que je fréquente depuis plus de dix ans maintenant. Autant dire que l’interruption ce printemps a été un déchirement. Mais quelle joie, quelle allégresse depuis : les heures que j’y ai passé depuis le 21 mai ont le goût de ces fruits ou friandises dont on a pu être privés. Je les savoure, je m’en délecte, je vis intensément chaque instant car je sais à présent à quel point ils me sont précieux et indispensables. Comme la présence de mes camarades d’atelier, petites étoiles, Grande Ourse, comètes de passage : ils brillent tous dans ce ciel haut gravé au-dessus de ma tête et m’aident à tenir debout.

J’ai donc repris le cuivre, retrouvé une plaque vernie en mars et recommencé mes histoires de maison. Celle-ci est encore dans l’hiver mais ces 4 états m’ont fait penser aux 4 saisons. Cette gravure paraît peut-être un peu triste, encore engloutie dans la neige et l’hiver et pourtant, c’est plutôt l’air du Printemps de Vivaldi qui l’accompagne.

Allegria, allegria ! Que ce dimanche qui sera peut-être celui du déconfinement ultime vous soit doux et léger.

Série maison, eau-forte au trait
1ere aquatinte
reprise à la pointe sèche
aquatinte et rehauts à la pointe sèche

Ma « Casa de Papel »

4.IV.2020

A l’aube d’une quatrième semaine de confinement, alors que les vacances commencent pour certains, je me lance dans des projets au long court. Il semblerait que du temps, nous en avons beaucoup devant nous. Du temps pour bâtir ma casa de papel -ma maison de papier- moitié textes, moitié gravures.

Depuis début 2019, la maison est le thème central de mes gravures. Thème prémonitoire s’il en est ! Quand il s’est imposé à moi, il répondait à un besoin profond, né d’une crise familiale intime. Nous étions soudain dans la nécessité vitale de nous retrouver dans notre foyer, de nous serrer les coudes, de recréer un nid protecteur pour traverser une période de fortes turbulences. Notre fille venait de briser le silence, de nous livrer un lourd secret qui pesait sur elle et sur sa vie depuis des années. Choc, repli, instinct de protection, colère : c’est tout cela que mes gravures reflétaient, et avaient commencé à dire avant même que ma fille ne se confie. Étrange pouvoir du subconscient qui s’est exprimé au travers de mes mains de mère, de graveur.

Mais en ce mois d’avril 2020, ce besoin de repli , de protection, de barrières jusque dans nos gestes quotidiens a soudain pris une dimension mondiale. Nous ne sommes plus TROIS confinés pour se protéger des agresseurs extérieurs, mais des MILLIARDS! La « distanciation sociale » à laquelle nous avons été contraints depuis novembre 2018, les sentiments de frustration, d’isolement, de solitude que nous avons ressentis, trouvent à présent un immense écho chez nous tous, vous tous, qui subissez de force cette coupure d’avec vos proches, vos amis, vos collègues.

Curieusement, cette généralisation de la peine nous a apporté un peu de soulagement : soudain, des millions de personnes, et parmi les plus proches, font l’expérience de cette mise au banc sociale et de tous les manques, les souffrances qui l’accompagne. Je ne pense pas qu’à notre petit noyau familial, nous ne sommes pas le nombril du monde. Je pense à tous ceux qui sont socialement isolés ou oubliés du fait de leur différence, quelle qu’elle soit: chômage, immigration, handicap…

Mais revenons à ce printemps: depuis le confinement, c’est sûr, la MAISON a pris pour NOUS TOUS une importance majeure. Ce lieu que souvent nous traversions comme un relais étape ou relais château entre nos mille et une activités du quotidien est devenu le lieu unique de nos jours: retour à la case prison sans passer par la caisse pour les mins chanceux d’entre nous… Pour d’autres, bienheureux, l’heure de renouer avec la MAISON-COCON.

Alors en attendant de recevoir un jour ou l’autre un peu de matériel pour pouvoir graver, je finis mon jeu de construction en bois gravé. Bientôt la publication-crémaillère… Promis, vous serez tous invités!