Atelier d’Offard: papiers peints à la planche en Touraine.

Un petit billet pour vous conter ma visite de l’Atelier d’Offard à Tours.

Samedi 25 juillet l’atelier organisait une vente privée et visite. Ne reculant devant rien, j’avais réservé train et nuitée pour être sûre de faire partie des privilégiés qui pourraient voir comment se fabrique le papier peint à la méthode ancienne, dite à la planche.

Je n’ai pas regretté d’avoir dû quitter la fraîcheur des Pyrénées pour aller prendre le train à Toulouse où l’air était quasi irrespirable en comparaison. Pas regretté non plus les presque 5 heures de train depuis Toulouse, le tout avec un masque tout du long…

Un mot de la technique en question: les longs lais de papiers sont peints à la main et à la brosse, puis les motifs et couleurs sont appliqués avec de gros tampons qu’on appelle des « dominos ». C’est pour cela que les artisans se nomment des « dominotiers ». Les couleurs -comme les dorures- peuvent aussi être apposées au pinceau.

L’atelier d’Offard est un des rares endroits où l’on fabrique encore ainsi du papier peint et la renommée de la maison n’est plus à faire. Ils ont rénové la maison de Colette, celle de De Gaulle, et bientôt celle de la tante de Proust.

un des projets de l’atelier : un long papier-décor sur le thème de la Loire
un exemple de calque de dessins à l’encre qui a servi à un tout petit bout de ce lai long comme une rivière !
impression à la planche en X couleurs
une des planches gravées

Ce sont un peu des archéologues du papier: ils prélèvent des échantillons des vestiges de papier qui sont encore en place sur les murs ou au fond d’un placard et s’attachent à retrouver les motifs originaux, les couleurs d’origine, comme dans la chanson de Souchon !

des kilomètres de vie en rose et en papier
les coulisses…la cuisine des couleurs
Le savon de Marseille et les mille et une brosses de Tours !

L’atelier n’ouvrait ses portes qu’à 13h le samedi et nous étions arrivées le vendredi soir, la matinée a donc été consacrée à :

  • déguster les fameuses brioches de la boulangerie ancestrale sise face à la gare de Tours
La boulangerie sous le Grand Hôtel, très belle époque
  • visiter la cathédrale St Gatien et découvrir ses très beaux vitraux et gisants
Rares: deux gisants d’enfants (ceux de Charles VIII je crois)
Confrontation entre des vitraux du XVIIe et des vitraux contemporains
  • faire la connaissance d’un pérégrin valeureux qui faisait son 28ème pèlerinage entre Ostende et St Jacques de Compostelle.
Johan Depraete, The Pilgrim !
Encore les coulisses…de beaux meubles de métier.

La vente privée m’a donné l’occasion de rapporter 3 planches de 50X50, ainsi qu’une trentaine de petits carrés de papier tous différents et tous aussi beaux les uns que les autres que je pense utiliser dans mes prochaines création, je vous tiens au courant !

Rendez-vous d’automne (et oui !)

Comme beaucoup de créateurs cet été, toutes les expos auxquelles je devais participer ont été annulées ou reportées en 2021.

Mais le calendrier d’automne est prêt et j’espère que la « situation sanitaire » nous permettra de nous retrouver ici ou là :

  • 3 & 4 octobre 2020 pour « L’Art s’invite à Magrie (Aude)
  • 17 &18 octobre 2020 pour Estanqu’arts à Moliets et au Vieux-Boucau (Landes)
  • du 7 au 17 novembre 2020 pour Les 111 des Arts, Chapelle de l’Hôtel-Dieu à Toulouse

D’ici là, passez un bel été reposant et créatif !

Faire bonne impression !

L’été approche, et faute d’expositions je fais un peu d’auto-promotion de mon boulot en peaufinant mon blog et ma page Facebook: on fait ce qu’on peut pour faire (bonne ou mauvaise ?) impression! Le comble du graveur.

Cette semaine j’ai décidé de chouchouter un peu les nouveaux suiveurs de ma page Facebook qui seront très bientôt 800.

Alors si vous voulez être ce 800ème, allez donc visiter ma page et cliquer « J’aime », si et seulement vous aimez vraiment, cela va de soi. Pas besoin d’être sur FB, pas de fil à la patte, c’est une page publique et donc libre d’accès.

Je ferai un petit cadeau à l’heureux-se élu-e.

Bonne semaine, au plaisir de vous retrouver ici ou là

Architecture et sérigraphie

Parmi les sources de joie du retour à la vie tous ensemble, il y a les séances hebdomadaires de sérigraphie à l’atelier 54 fils au cm. Le projet a vu le jour la veille du confinement (cf Repli sur soie, initiation à la sérigraphie) et a donc eu tout le temps de mûrir ce printemps.

Le projet « Maison » prend donc un tournant avec l’introduction de cette technique nouvelle pour moi que j’essaie de combiner avec la gravure. Les deux sérigraphies ci-dessous sont une base de travail. Viendront s’y ajouter certaines de mes estampes et des collages . Le thème « Silent Monitor » est une référence au travail dans les filatures écossaises au XIXème siècle et à la naissance du mouvement ouvrier. J’écrirai tantôt un billet pour vous en dire plus.

Silent Monitor I, sérigraphie en 3 couleurs primaires
Silent Monitor II: en haut à gauche sérigraphie en 2 couleurs inspirées par la photo de Denis Rioux en dessous. Autour, des essais de combinaison avec des tirages gravure juste posés

Les 4 saisons d’une estampe

Hello again ! Rien écrit ici depuis le 23 mai, date à laquelle j’ai vraiment recommencé mes activités dehors. J’ai été bien occupée depuis, et ravie de revivre ainsi dans les ambiances d’atelier, même si c’est au prix de masques et de conversations et rires étouffés.

Je suis d’abord retournée à l’Atelier de La Main Gauche, mon atelier « historique », familial même, que je fréquente depuis plus de dix ans maintenant. Autant dire que l’interruption ce printemps a été un déchirement. Mais quelle joie, quelle allégresse depuis : les heures que j’y ai passé depuis le 21 mai ont le goût de ces fruits ou friandises dont on a pu être privés. Je les savoure, je m’en délecte, je vis intensément chaque instant car je sais à présent à quel point ils me sont précieux et indispensables. Comme la présence de mes camarades d’atelier, petites étoiles, Grande Ourse, comètes de passage : ils brillent tous dans ce ciel haut gravé au-dessus de ma tête et m’aident à tenir debout.

J’ai donc repris le cuivre, retrouvé une plaque vernie en mars et recommencé mes histoires de maison. Celle-ci est encore dans l’hiver mais ces 4 états m’ont fait penser aux 4 saisons. Cette gravure paraît peut-être un peu triste, encore engloutie dans la neige et l’hiver et pourtant, c’est plutôt l’air du Printemps de Vivaldi qui l’accompagne.

Allegria, allegria ! Que ce dimanche qui sera peut-être celui du déconfinement ultime vous soit doux et léger.

Série maison, eau-forte au trait
1ere aquatinte
reprise à la pointe sèche
aquatinte et rehauts à la pointe sèche

Nobori & nagori

De retour depuis une semaine dans ma maison des villes, je me suis activée comme une abeille, dehors aux petites heures fraîches du matin, dedans par les fortes chaleurs, et puis de nouveau dehors en soirée.

Je me suis d’abord occupée des plantes… l’intérieur attendra. Cactus et succulentes ont pris leur quartier d’été : Fin de l’hivernage pour tous les cactus, aussi !

Aujourd’hui, temps gris et thermomètre raisonnable, j’en profite pour ranger ma véranda-serre-atelier-bureau . La pièce change de fonction au gré des saisons et comme je suis là pour quelques semaines encore, autant la rendre aussi agréable que possible.

En semaine, elle me sert de bureau pour télétravailler le matin: il n’y fait pas encore trop chaud, je peux m’y isoler et faire cours sans déranger la maisonnée. Je me demande pourquoi je ne l’ai pas fait plus tôt. Mon bureau partagé me sort par les yeux : il faudrait que je lui consacre 3 jours pleins, sans parler de ces années de cours à jeter, mais là je deviens championne de procrastination… Voyez plutôt:


Donc, je suis mieux dans la véranda, entourée de toutes les nuances de vert du jardin. Et pour rajouter une touche japonisante, je viens d’installer le joli nobori bleu que j’avais gagné en participant à une expo là-bas: IPE et AIMPE: miniprints et max de boulot!

Nobori & Nagori

Aujourd’hui, je vais attaquer la partie « atelier »: trier les papiers, les outils, les encres et … jeter, . En avant pour une journée Feng shui : il faut que les énergies circulent mieux et que je puisse garder un oeil sur mes cactus, juste de l’autre côté de la vitre !

Comme j’ai beaucoup à faire, je vous parlerai demain de « Nagori », ce « naguère du goût », cette nostalgie des papilles. Mais aujourd’ hui que personne ne me dérange: je range, trie, et reste à l’écoute de mes fantômes.

Six ans de « So Dad » aujourd’hui…

Fin de l’hivernage pour tous les cactus, aussi !

Sur les conseils de mon maître ès cactus qui se reconnaîtra, j’ai installé dehors ce matin tous mes petits cactus et succulentes qui m’avaient patiemment attendus pendant 9 semaines dans la véranda.

Les « saints de glace » sont passés, plus aucun risque de gelée, alors hop! Après tout, eux aussi ont droit au déconfinement ! J’espère que le changement d’air, la rosée du matin et une plus grande luminosité vont les aider à grandir. Pas facile de les quitter un peu des yeux, pourtant : depuis que je suis rentrée, la véranda est devenue mon espace de travail et de jeu. J’aimais bien les avoir à portée, ils me tenaient compagnie pendant les heures de télétravail. Mais comme on m’a dit : il faut savoir couper le cordon et les laisser vivre leur vie dehors !

Ce matin, je les ai aidés à déménager, j’ai nettoyé leur nouvel espace, et je leur ai fait promettre d’être bien sage et de me prévenir si le soleil ou le vent ou les escargots venaient à les gêner. Certains m’ont piquée lors de leur déménagement, j’ai cru les entendre me dire : « Nan, maman, c’est bon, ça va, lâche-nous un peu « 

Pas facile quand on se sent l’âme d‘une mama à la main verte ! Vivement que L’Atelier de la Main Gauche rouvre ses portes pour que j’aille jouer ailleurs, ça leur fera des vacances, à eux aussi ! Mais ça, c’est dans deux jeudi, si tout va bien ….

Une frénésie de rose et de livres

Il y a deux choses que j’ai cherchées de façon compulsive depuis mon retour vers la ville, puisqu’il est encore prématuré de rechercher à retrouver ses amis.

La première, c’est des boutures, continuer à gratter et mélanger la terre, rempoter, agrandir ma famille de cactus et de succulentes. Fouiner dans le jardin et les recoins à la recherche de vieux pots, de contenants simples ou poétiques, parfois ébréchés, pour donner forme à cette envie de voir et de faire pousser. Me revoilà partie dans une phase très W comme Wabi sabi : les habitués de ce blog n’en seront pas surpris.

La seconde, c’est les livres. Alors que des commandes m’attendaient sagement ici, arrivées par la poste ou à récupérer à la librairie du coin, que je dois avoir à présent autant de livres à lire que de jours passés déconfinés, je ne peux m’empêcher d’être aux aguets. La moindre prescription littéraire qui me semble correspondre à une attente, je note, je gribouille sur un coin de table, et me voilà déjà en train d’appeler ma libraire pour lui commander un livre dont j’ai à peine entendu parler.

Sûrement cela a- t’il à à voir avec la frustration de ces dernières semaines où il m’a fallu « faire durer » les livres pour ne pas risquer d’être à court, en relire certains, et rêver aux suivants. En ce moment je suis prise d’un donjuanisme d’un nouveau genre: je veux collectionner les livres comme autant d’amants, je n’ai pas fini de porter mes yeux sur la dernière page de l’un que déjà je zieute le suivant, tout en regardant au loin un troisième qui me ferait de l’oeil ! Cette frénésie reste toute livresque, comme une libido-bibliotite aigüe, au grand dam de mon chéri qui a été bien inspiré de repartir illico dans ses montagnes pour me laisser assouvir cet appétit de livres qui ne lui laisse que peu de place !

Surtout que vous aurez noté que mon intérêt se porte ces jours-ci vers des livres empreints de nostalgie, imprégnés de culture japonaise, à mille lieues de la culture paysanne et pyrénéenne qui fut le théâtre de notre confinement et sur laquelle j’ai bien aimé écrire aussi, comme en témoignent mes billets dans la rubrique Ô confins…

Plaisanterie mise à part, j’avais aussi un grand besoin de me retrouver seule après toutes ses semaines closes sur le noyau familial le plus strict. Besoin de retrouver une certaine liberté de mouvement, de rythme. De penser par moi-même et dans le silence de mon intimité, que seuls les livres viendraient troubler.

Pour ceux que la littérature de l’ailleurs tenterait, j’ai aussi écrit plusieurs articles sur la littérature du Grand Nord qui est une autre de mes passions. A retrouver dans Ma petite bibliothèque boréale, 1ère partie. ( La 2eme partie est en gestation)

Et pour vous, comment se sont passés ces huit jours « libérés » ?

Un dimanche de mai qui ne manque pas de piquant…

Il faut croire que les piqûres de cactus sont contagieuses… L’après-midi boutures d’hier a été suivie d’une virée chez un producteur tout près d’ici « Au Cactus Francophone », toujours grâce aux conseils de Cathy, mon « maître ès cactus » !

Déjà il y a eu le plaisir de reprendre la route vers une destination toute proche mais inconnue. Le panneau « Vous entrez dans le département du Gers » m’a fait le même effet que si je lisais « Bienvenue en Alaska » ou quelque chose d’aussi dépaysant. Bon, j’exagère à peine, mais c’est pour vous dire mon degré d’allégresse, seule, au volant, sur les petites routes autour de chez moi.

L’accueil de Joël n’a pas gâché l’ambiance: simple, souriant, me parlant de sa vie quasi autarcique avec ses deux jumeaux et sa charmante compagne. J’ai passé un long moment dans la serre à me délecter de la grande variété de cactus et succulentes qu’elle recèle.

Puis un long moment encore à faire mon choix : il fallait bien que j’en rapporte quelques uns pour compléter ma collection ! J’en ai pris plein de petits mais j’ai aussi craqué sur un gros pépère et un moyen tout en fleurs. (pour les noms faudra que je révise ou que je me fasse aider par mon coach cactus !)

Après un repas dans le jardin, une petite sieste et un peu de cuisine sucrée pour bien commencer la semaine qui arrive ( pâte à crèpes, gâteau de riz au lait et pain perdu) retour à la véranda pour rempoter et installer les nouveaux venus. Un dimanche piquant/ sucré, moitié cavale, moitié coufinade.

Récit d’une semaine déconfinée, mi-figue, mi-raisin

Vous êtes nombreux à avoir sans doute profité de cette semaine de semi-liberté retrouvée. C’est vrai que c’était agréable de pouvoir se déplacer sans dérogation.

Mais pour nous ce fut une semaine en demi-teintes: mi-montagne, mi-ville, partagés entre l’envie de rester dans notre nid d’aigle à 1100m et celle de « redescendre » en ville. Je me sentais comme l’oisillon dont les griffes restent accrochées au bord du nid, coincées dans les brindilles enlacées, mais tentée de prendre mon envol.

Loin de profiter des balades et autres sorties, je suis plutôt restée dans mon cocon. Il faut dire que le temps ne se prêtait guère aux escapades : giboulées, « saints de glace » et autres frimas .

Voici en quelques images le roman-photos de cette semaine. Avec un « happy end » : le retour à Toulouse s’est accompagné du retour du soleil et de belles retrouvailles avec mon jardin abandonné. Et puis, quel plaisir de revoir les copains de l’AMAP, tous masqués mais les yeux rieurs, heureux de distribuer-entre autres- le pain d’épeautre qui m’a tant manqué…

Je vous souhaite à tous un bon 1er week-end de déconfinement… je vais de ce pas renouer avec ma libraire à qui j’ai commandé une moisson de livres.