Correspondances gravées, suite…

Déjà un mois et demi depuis le lancement du projet, et les échanges entre graveurs ont bien avancé.

J’ai reçu deux correspondances, une pour laquelle j’intervenais en dernier, et une autre où ma gravure était la 2e. Enfin, j’ai à mon tour été à l’initiative d’un 3 échange.

Je pensais que ces rotations prendraient beaucoup plus de temps, et en fait, nous sommes mi-avril, je devrais recevoir sous peu la 4eme proposition …il ne me reste plus qu’une seule correspondance à compléter !

Ce projet est très stimulant : son thème « Racines » permet mille ramifications. Le fait de travailler à 4 mains sur une même feuille est un mélange de contraintes et de surprises. L’aspect multiple que prend la gravure, ce que chacune met derrière le mot « gravure » et « racines », tout cela me plaît beaucoup et enrichit beaucoup mon travail .

Voici d’abord quelques photos de Correspondances Gravées officielles :

Et puis il y a aussi le « off » des correspondances g…

Clotilde qui a créé l’Atelier des Trois Citrons , Sandrine et son Atelier Sandrine Ginisty et l’Atelier des Cimes (moi) avons repris le projet et commencé des échanges en parallèle pour notre plus grand bonheur.

Un aperçu de ce  » off » qui débute à peine…

A gauche, Maison Racine de Clotilde EAV, à droite, La Maison aux Palétuviers de Muriel Bo

Le printemps du rhodoïd

Avec l’arrivée du printemps, j’ai eu envie de revenir au rhodoïd et d’expérimenter sa souplesse plastique. La technique est celle de la pointe sèche, et toutes sortes d’outils peuvent être utilisés pour laisser une trace sur la plaque, comme les fameuses pointes et roulettes de Mathieu Coulanges.

L’autre avantage c’est que les plaques sont souples et peuvent donc être découpées assez facilement. On obtient ainsi des matrices aux formes moins classiques qu’avec du zinc ou du cuivre. Certes, on peut aussi découper le métal mais cela nécessite l’achat d’un bocfil et une certaine dextérité. Le plexiglas fin, à l’inverse, se découpe au cutter ou aux ciseaux.

Autres atouts : la matrice est transparente et on peut donc travailler son trait en plaçant son dessin ou ses esquisses sous la plaque. Attention toutefois, à l’impression le dessin sera inversé sur le papier !

Enfin, les formes découpées peuvent servir à embosser le papier sans risquer une trop grande épaisseur sous presse.

J’ai centré mes expérimentations autour du thème du printemps et voici quelques unes de mes gravures : jardin, cocon, forêt et kimono sakura...

A suivre …

Impressions pour lé végétal

Oui, vous avez bien lu ! Ceci n’est pas un article vantant les vertus du lait d’amande ou de riz mais sur mes essais d’impressions de végétaux sur tissu. Le format choisi est celui du lé de tapisserie qui traditionnellement mesure 53 cm de large pour 1m50 de haut.

Je découvre les étapes et conseils multiples pour l’ecoprint sur internet et je dois dire que je tâtonne pas mal. Il y a d’abord l’étape du mordançage qui consiste à rendre le tissu plus réceptif à l’impression de végétaux. Le tissu en matière naturelle -du coton, pour me essais- doit être lavé puis passé dans un bain de vapeur avec un mélange d’eau et de poudre d’alun. Ensuite, on le rince et on le laisse sécher. Le tissu est ainsi prêt pour l’étape suivante.

Ensuite, on dispose les végétaux sur le tissu qu’on recouvre d’un film étirable avant de le rouler en un boudin bien serré qu’on ficelle pour que l’ensemble se tienne.

Puis, deuxième bain de vapeur pour 20mn environ.

Enfin, une fois le tissu un peu refroidi, on déroule le tout, on enlève le film, on secoue le tissu pour le débarrasser des morceaux de feuilles ou de fleurs. Il faut ensuite le passer dans un dernier bain d’eau chaude avec une pincée de sulfate de fer pour faire ressortir et fixer les impressions.

Les impressions sont plus ou moins présentes selon le type de végétaux et les tanins ou couleurs qu’ils contiennent, c’est toujours une surprise.

Bref, cet éloge du végétal et aussi celui de la patience et de la lenteur.

L’arbre ville

Aujourd’hui, marche et photo, pour changer un peu.

Au détour d’un chemin, je suis tombée en arrêt devant ces arbres coupés.

Leur écorce dressée, hérissée me donne l’impression que même à terre, ils continuent à résister. Et de la plus belle manière. J’y vois des villes, des « skylines » comme on dit en anglais . J’ai envie de les dessiner, de les graver peut-être un jour.

En attendant, les voici en photo.

F.I.L, la suite

Encore une belle journée à l’atelier hier, et deux nouvelles propositions pour mon projet FIL (Femme intérieure Libre).

Tout d’abord , ma préférée du jour : une impression d’une gravure sur cuivre d’un bustier sur un patron de petite robe retrouvée dans les vieilles armoires de mon atelier en Ariège :

Ensuite , des essais de volume et de gaufrage sur la robe gravée : ici, eau-forte sur cuivre imprimée sur papier d’art .

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui.

Femmes sur le fil , II

Le corset

Des nouvelles du projet pour 2022 intitulé « FIL » pour « Femme Intérieure Libre » que j’avais présenté ici : Femmes sur le fil.

Ce titre, cet acronyme, ont toute une histoire… Jeune femme, on m’a souvent raillée pour mes piètres qualités de ménagère et de cuisinière. Je n’ai jamais été ce qu’on avait coutume d’appeler  » une femme d’intérieur ». Mais je me souviens du jour où, pour ma défense, j’ai répondu que j’étais plutôt « une femme intérieure ».

Aujourd’hui, débarrassée des carcans et des attentes qui pèsent parfois sur les jeunes femmes qui « se mettent en ménage » ( ah, la vilaine expression !) j’entends exprimer le long cheminement de la femme intérieure libre. Libérée mais consciente de tout ce que les femmes avant moi ont pu avoir de contraintes, de corvées liées aux tâches domestiques.

Comment concilier le domestique – étymologiquement tout ce qui a trait à la maison – et le sauvage ? Le chat et le tigre en nous, la ménagère et la mégère non apprivoisée ? Mon travail actuel explore le poids du linge, celui que les femmes lavaient, comme celui qu’elles devaient porter pour maintenir leur corps en cage : lessives à étendre , corsets, culottes , gaines , couture, points et chemins de croix …

Femmes sur le fil

Hier le Salon Artempo (Cugnaux, 31) s’est clôturé et je suis repartie avec un prix pour ma série sur les maisons (Salon Artempo / La maison de mes rêves…/Série Maisons).

J’ai pris ce prix comme un encouragement, et surtout le signal qu’il est temps pour moi de tourner cette page inspirée par les confinements.

Le tournant a déjà été esquissé cet été avec un travail autour du tissu, du travail des femmes qui se prolonge un samedi par mois dans l’atelier de recherche plastique de Sandrine Ginisty. Voici, en quelques images, les ébauches et balbutiements de cette nouvelle série au titre provisoire :  » Femmes sur le fil « .

De gauche à droite : 1. Robe de vendangeuse , début XXe siècle avec impression de cyanotypes

2. Série Métiers de femme d’antan, techniques mixtures : photos, cyanotype, broderie.

3. Extrait de « La Femme cousue » sur cyanotype rebrodé

4. Eau-forte : le fil à linges

5. Le bustier, eau-forte

6. Détail de la série métiers de femmes d’antan

Salon Artempo

J’ai la chance faire partie des 20 artistes invités pour le 20e anniversaire du salon d’art contemporain Artempo ( Cugnaux, près de Toulouse)

Le salon est ouvert les mardis, jeudis et vendredis de 14h à 18h et les mercredis samedi s en continu de 10 a 18h.

Je serai sur place , Quai des Arts, place Léo Lagrange à Cugnaux samedi 29 janvier de 15h à 17h pour une rencontre avec vous, le public!

À très bientôt et meilleurs vœux pour la nouvelle année !

Avec ou sans encre ?

Pendant ces vacances j’ai pris le temps de comparer différentes imprimantes de poche qui utilisent la technologie « Zink « , c’est à dire « zero ink« . Ce petit instrument me faisait de l’oeil depuis le début de l’année 2020, mais une mini imprimante, pourquoi faire? Et bien pour explorer d’autres pistes d’impression, continuer à mêler photo, gravure , sérigraphie et fabriquer de toutes petites cartes postales pour la correspondance que j’entretiens avec quelques amies artistes.

Pour les curieux, voilà comment marche la technologie « zink »:

« Tout ce passe dans le papier. Le papier d’apparence blanche avant l’impression contient tout ce qu’il faut pour se passer d’une cartouche d’encre. Le papier inventé par Zink contient tout l’encre à l’intérieur sous la forme de cristaux de couleurs répartie sur des couches différentes.

Les 3 couches intermédiaires de cristaux, incolores avant l’impression, sont activés par la tête thermique contenue dans l’appareil photo ou l’imprimante. Ceux-ci ne se colorent que lorsqu’ils sont exposés à la source de chaleur envoyée par la tête de l’imprimante. La chaleur provoque une réaction chimique qui fait fondre les cristaux et c’est le mélange de chaque couche qui donne les couleurs nécessaires pour créer la photo la plus fidèle possible.

Lorsque la tête d’impression passe sur le papier, différentes intensités de chaleur sont appliquées, ce qui donne une variété de couleurs. Ces différentes couleurs sont possibles parce que chaque couche répond à sa propre plage de température. » https://printyourlife.fr/papier-zink/

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que la technologie a été initiée par Polaroid: je suis une grande nostalgique de mes « Pola » et le plaisir d’imprimer instantanément des photos est resté très vif en moi . Et puis je trouve fascinant que ça fonctionne sans encre, moi qui passe mon temps à utiliser de l’encre par ailleurs, que ce soit dans l’écriture ou l’impression de gravures et de sérigraphies.

Pour finir, une photo de l’imprimante et de mes trois premières impressions :

L’imprimante (11,8 x 8,2 ) et les tirages (5 x 7,6)

Femme maison, contes et art brut

Le temps est de nouveau au repli chez soi, sur soi, depuis le couvre-feu ces dix derniers jours. Les expositions sont annulées les unes après les autres alors autant mettre à profit cette « vacance » pour reprendre des recherches.

Sans le vouloir vraiment, mes pas m’ont ramenée du côté des maisons La maison de mes rêves… , de Louise Bourgeois sur laquelle j’ai déjà écrit un petit texte : B comme Bourgeois, Baudelaire et Bièvre… ou des contes que j’ai illustrés à mes débuts en gravure.

En fait je ne savais pas que la Maison avait été au coeur de l’oeuvre de Louise B: je l’ai découvert en écoutant un reportage qui évoquait l’exposition Women House à La Monnaie de Paris en 2018. Ce reportage m’a conduite sur le site du MOMA qui montre des dizaines de dessins de l’artiste, à la lecture d’ un bel essai dont je mets le lien ici :https://www.moma.org/s/lb/louise_bourgeois/lb_essay_2017.pdf et enfin à une série sur France Culture : https://www.franceculture.fr/emissions/series/louise-bourgeois

Hier soir j’écoutais distraitement l’émission Barbatruc sur Inter en essayant une recette de soupe à l’échalote (je vous dis tout). Les invités devisaient sur les contes de Perrault et notamment sur Barbe Bleue que je ne connaissais pas plus que ça. En fin d’émission, Dorothée Barba évoque un livre dont le titre me parle immédiatement : Les contes de Perrault illustrés par l’art brut. Quelques clics plus tard, j’ai découvert la perle rare (et chère)…

Pour vous donner un aperçu des illustrations superbes qui émaillent ce beau livre, je partage ici cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=YWRjrEYFAAA

Voilà de quoi nourrir mes rêveries et peut-être me donner à nouveau envie de dessiner et graver à partir de ces contes. Et hop, un très beau livre sur le sapin, je commence ma liste (et si elle s’arrête là je serai comblée)