UV, vers le bleu… « au milieu des algues et des coraux »

L’été et sa belle lumière semblent installés pour de bon, alors je reviens sur l’expérimention du cyanotype débutée le mois dernier.

En fait je continue ma série botanique mais bleu oblige, j’cherche des photos au milieu des algues et des coraux, les amateurs comprendront…

J’ai photographié certains tirages encore dans leur bain, au moment où ils flottent encore dans l’eau qui leur donne la vie.Je vais aussi essayer de faire en cyanotype le pendant de certaines de mes eaux fortes, pour montrer l’étendue et la variété de l’estampe, comme ci-dessous.

 

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Dans l’atelier on entend…

J’peux pas dormir, j’fais qu’des « gravures »
Gaby, oh Gaby, tu veux qu’j’te chante la mer
et encore

La Nuit je mens

« Voleur d’amphores
Au fond des criques
J’ai fait la cour à des murènes… »

T: traces d’enfance ou cyanotype et vieilles photos

33041391_10216562788086464_2810330185629433856_n33060220_10216562788046463_3979552727507140608_n33020543_10216562788126465_337870414157971456_nSur le mode « Arsenic et vieilles dentelles »… « T » comme Trouvé la Technique dont je rêvais pour mener à bien mes projets tournés vers l’enfance, teintés de nostalgie.

Grâce au stage de Cyanotype avec Lorena Acin, j’ai la clé pour rajouter des fragments photographiques et des végétaux à mes estampes. Le moyen de combiner deux des thèmes qui me sont chers.

La technique est simple, abordable en une journée alors je ne vais pas l’expliquer ici. Voilà qui finit de me réconcilier avec la chimie!

Mes premiers essais et mes pensées vont ce soir à la mère qui a inspiré la plupart de mes essais du jour. Je vais d’ailleurs lui en offrir pour la fête des mères qui approche ( en France).

Belle soirée en bleu

R comme Retour sur le burin, corps- à-corps avec le cuivre

 

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Comme promis voici mes notes et impressions sur l’initiation au burin que j’ai eu la joie de faire avec Maria Chillon le week-end dernier.

On fait souvent bien des mystères et des histoires autour de cette pratique. Comme dans la chanson  sur la peinture à l’eau on vous chante « la peinture à l’huile, c’est bien plus difficile « . Et c’est vrai que c’est dur, exigeant, et que nous avons passé la première demi-journée de stage à commencer à apprendre comment tenir l’outil.

Mais le burin reste avant tout une technique directe et simple, un corps-à-corps avec le cuivre qui change complètement le rapport à la gravure.  Il faut arriver à trouver un équilibre des forces qui part du coude, bien posé à plat sur la table, qui passe par le creux de la paume tandis que l’index se fait léger sur  le burin. J’ai eu l’impression que la main droite – quand on est droitier – est  un peu utilisée comme un rail, un guide, un conducteur au sens électrique du terme. Le plus ardu c’est de se défaire de l’envie d’exercer une pression avec l’index. Pour obtenir un joli trait de burin, c’est donc du coude et de la paume qu’il faut jouer!

 

Avec le burin, c’est tout le corps qui est engagé d’une façon subtile et mesurée. Le travail se joue aussi beaucoup avec la main gauche (clin d’oeil à notre atelier toulousain…) qui sert à faire avancer ou tourner le cuivre quand on veut faire des lignes courbes. Croyez-le si vous voulez, c’est au bras et à l’épaule gauches que j’avais mal au bout de ces deux jours de stage! Les doigts n’en sortent pas indemnes pour autant, surtout si comme moi vous commettez l’imprudence d’enlever les copeaux de cuivre avec…

Ce qui me conduit à un autre volet intéressant et pointu du stage: savoir aiguiser son burin.

La pointe s’use vite, se casse quand le geste est trop fort. Il faut donc apprendre à la réparer en utilisant une pierre ronde d’Arkansas. Pour ma part, je me suis concentrée sur l’affûtage de la tête du burin en  « carré ». Le but du jeu et de poser la partie carrée bien à plat sur la pierre et d’exercer une pression régulière, en tournant, pour obtenir une seule facette plane et rectiligne.

 

Image: Nicolas Sochos

 

Maria nous a conseillé de mouiller la pierre avec du pétrole, et non de l’huile. Renseignements pris, le pétrole a l’avantage de ne pas obstruer les pores de la pierre et de prolonger ainsi sa durée de vie et son efficacité.

Vous l’aurez compris, le côté sensuel et artisanal de la technique m’a vraiment séduite.Sans parler des moments de silence et de grâce que l’on vit au contact absolu avec la plaque, surtout quand, miracle, on arrive à faire un peu glisser son burin!

Eloge de l’effort et de la lenteur, tension et lâcher-prise, l’exercice du burin est une respiration du corps et de l’âme réunis.

Je finirai cet éloge en disant que  personnalité de Maria Chillon y est pour beaucoup. Son approche  à la fois technique et très libre, loin de l’image un peu rigide et glacée que j’avais du travail au burin, a fini d’effacer toutes mes craintes et mes a priori. Vous pouvez retrouver son travail sur internet et dans le n°6 de la revue Actuel qui lui était en partie consacré.

 

 

S comme séries

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Bien avant Netflix et autres, j’ai toujours eu un faible pour les séries, que ce soit en tant que collectionneuse ou dans ma pratique de la peinture et de la gravure. J’aime les projets qui maturent longtemps et donnent naissance à une kyrielle de choses toutes issues de la même matrice, et pourtant toutes légèrement différentes. Souvent,  le souffle, l’énergie qui les a portés sont les mêmes, on le ressent dans le travail . Je le sens  quand je suis  en train de faire cette série (qui au début, forcément, n’en est pas une), et je le vois après coup quand posés côte à côte les tirages révèlent leur air de famille.

Cette nouvelle série est née comme souvent d’une contrainte – le format 20×20 imposé pour une expo cet automne. Cette contrainte s’est muée en source d’inspiration quand je me suis rendue compte que les photos de papiers peints anciens que j’avais faites cet été au Québec pouvaient entrer dans le cadre. Pour l’histoire des ces papiers peints et la génèse du projet, vous pouvez lire cet article de mon blog si ça vous dit.

Les variations du papier peint m’ont servi de fil conducteur et ont donné son unité à la série qui est un travail de techniques mixtes: photo, estampe et bouts d’eau-forte.

 

 

Q comme Qu’est-ce Que le burin?

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Detail view from Lucas van Leyden Engraves a Feather, burin engraving, ©2011

A 3 jours de mon  stage de découverte à la Main Gauche, cette question me trotte évidemment dans la tête. J’ai déjà les doigts qui fourmillent à l’idée d’avoir un nouvel outil entre les mains. J’adore la sensation que cela procure, me sentir aussi gauche qu’une « poule qui a trouvé un couteau ». Vous vous souvenez de ces sensations les premières fois où vous avez découpé du papier aux ciseaux, en tirant un peu la langue? Bref, je vis ces quelques jours d’avant le stage avec une certaine  impatience,  vestige de cette part d’enfance qui n’est jamais très loin. Et vous, savez-vous ce qu’est le burin?

J’ai fait quelques recherches pour calmer un peu le feu et mettre quelques mots et quelques images sur cette technique mystérieuse. Et je n’ai pas été déçue!

Dans un texte de Louis-René Berge, j’ai trouvé exactement de quoi aiguiser encore l’envie que j’ai d’essayer le burin. Mais mon attirance pour le burin se passe aussi de mots et c’est d’abord le geste et sa précision qui me parlent. Une petite illustration (parmi plein d’autres que j’ai vues sur la toile) avec cette vidéo de Nathalie Grall

Le burin et rien d’autre ?

(extraits)

Choisir le mode d’expression le mieux en rapport avec sa sensibilité, c’est accéder à une certaine qualité de vie.
La taille douce offre de nombreuses possibilités à travers deux grandes directions : celle où l’outil tranchant (burin, pointe, etc…) incise la plaque à graver, et celle où le creux est le résultat de la morsure d’un acide. L’emploi de l’une ou de l’autre ou même des deux à la fois est décidé par l’artiste en fonction de l’effet à produire.
La voie, que j’ai choisie passe par ce grand voyage de quelques centimètres carrés, nous le connaissons : c’est une tige de métal enfoncée dans un manche en bois dont le bec va sillonner le métal. Même si la main qui la conduit est experte, le voyage n’est certes pas sans risques ni surprises, et ne peut s’entreprendre que si un certain rêve intérieur subjugue celui qui s’y risque.
Le trait du burin est unique. Il se reconnaît (pour les amateurs éclairés) très facilement, l’explication est simple. Pour creuser le métal on pousse l’outil vers l’avant – « on monte » – alors que dans les autres procédés on fait généralement le contraire. Cette poussee engage tout le corps rendant le geste du buriniste très physique, et cette énergie dépensée donne au trait cette netteté et cette fermeté qui le caractérise.
L’outil m’a donc imposé sa discipline et les règles que je me suis données pour exprimer mes idées et mes sentiments, je les ai découvertes à l’intérieur des limites de son trait, qui pour être respecté conduit dans l’exécution de l’oeuvre au fini et à la rigueur.(…)
Ce travail développe patience et réflexion, l’une étant intimement liée à l’autre.
Cultiver un art où la lenteur est une donnée incontournable, n’est-ce pas un acte quasi révolutionnaire à une époque où tout est vitesse ? Je pense, pour ma part, que cet exercice constitue un art de vivre qui repose sur une morale dont les règles sont imposées par ce travail où le mental est très mêlé au manuel, ce dernier opposant un « ralenti » qui peut-être favorable à une réflexion créatrice.
 Louis-René Berge
Le texte intégral est paru dans « Les nouvelles de l’estampe » n° 139 – Mars 1995  

Je publierai un autre billet sur ce thème après le stage de ce week-end ( 5 & 6 mai)

Si vous avez déjà expérimenté le burin ,vos impressions ou vos commentaires seront les bienvenus sur mon blog. Merci.

P comme Piaf, Printemps et Programme parisien.

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C’est dans deux jours sur le calendrier, même si certains voient encore la neige tomber. De ma fenêtre entrouv’erte j’entends déjà le concert des jeunes piafs qui pépient à qui mieux mieux, du haut des branches, du fond des nids, qui s’essayent à voler. Et je voudrais bien les imiter moi aussi vendredi si j’arrive à attraper un avion pour Paris!

Je fredonne et je piaffe  aussi… car vendredi nous retrouvons notre jeune (Qué)bec qui nous revient pour passer quelques jours en famille. C’est lui qui m’a inspirée cette dernière eau-forte dans le style d’un crayonné au bic.

« I love Paris in the spring time
I love Paris in the fall
I love Paris in the winter when it drizzles… »
Deux petits jours à Paris et tellement de choses à voir! Voici ma petite sélection:
j’aimerais bien voir la rétrospective Jean Fautrier au Musée D’art Moderne qui porte le très beau nom de « Matière et Lumière ». J’ai un faible pour tous ses gris colorés, son attention portée aux objets du quotidien, de ceux qu’on laisse derrière nous, après… et qu’on retrouve aussi dans les natures mortes de Giorgio Morandi.
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Puis direction le Musée Jacquemart-André pour une autre rétrospective consacrée à Mary Cassatt dont j’avais découvert les toiles au musée américain de Giverny. Mais là, des toiles proviennent de nombreux musées américains et européens et certaines n’ont jamais été exposées en France. Je pense que ce devait être une sacrée bonne femme pour laisser son nom dans un mouvement impressionniste largement masculin. Une force a priori insoupçonnable dans ses toiles empreintes de douceur, dans ses portraits mère-enfant.
Enfin, s’il reste un peu de temps je serai curieuse de découvrir la collection « Black Dolls » à La Maison Rouge dans le 12eme.  »  Les poupées noires créées par des Africains-Américains alors que l’esclavage puis la ségrégation raciale battent leur plein oscillent entre geste de résistance et miroir d’une société stéréotypée. » C’est rare de voir de tels objets chez nous, comme les  dérangeantes « topsy turvy », ces poupées à deux têtes, une noire, l’autre blanche…
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Reste à faire un petit itinéraire pour minimiser le temps passé dans les déplacements sans oublier  une escale  gourmande à la Brasserie Chartier où je remettrais bien le couvert !

O comme Ode à la Main Gauche et à Oz’arts du Jour…Ô Toulouse!

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Oh les beaux jours de la gravure dans ma ville de Toulouse!

J’ai la chance de faire de la gravure depuis quelques années dans l’atelier de La Main Gauche, et d’avoir pu exposer mon travail dans un autre lieu à découvrir dans cette ville: la Galerie associative Oz’arts du Jour.

Voici donc un billet en forme d’hommage, une ode pour dire merci, tout simplement.

Merci à La Main Gauche et aux deux personnes qui l’animent: Bilitis Farreny et Nathalie Tousnakhoff. Je ne compte plus le nombre de jeudis passés en la compagnie de Bilitis et des élèves qui comme moi suivent des cours dans cet atelier. Beaucoup sont passés, certains sont partis, et moi je suis restée. Ca en devient presque suspect et à chaque fin d’année j’ai droit à :  « Tu sais, si tu veux aller voir ailleurs, je ne t’en voudrais pas. Mais je ne dis pas ça pour que tu partes!  »  Et chaque année je rempile. Pourquoi? C’est difficile à dire… Rien de formel dans cet atelier, et peu d’accompagnement pédagogique au sens où certains l’entendent mais… Mais des conseils, une écoute, un regard bienveillant. Jugez plutôt en regardant cette video

Et puis La Main Gauche c’est aussi une atmosphère inimitable et indescriptible, et ça la vidéo ne vous le dira pas! Les conversations vont bon train, et vont du plus sage au graveleux. Le « Graveleux » ce n’est pas ce que vous croyez. C’est juste des histoires de filles de tous âges qui, tout en gravant, encrant, vernissant, aquatintant, parlent sans frein et souvent  des relations femmes-hommes. Je résumerai ça en disant : Femme qui grave n’a pas la langue dans sa poche ni froid aux yeux!  Même les garçons de l’atelier y trouvent leur compte et se  marrent bien.

La Main Gauche enfin ce sont  des stages  d’approfondissement comme nulle part ailleurs. Manière noire, burin, et même estampe japonaise avec Miriam Zegrer qui 2 semaines par an vient transmettre le savoir de son Druckatelier en direct de Berlin.

O comme Oz’arts du Jour aussi…Merci à cette association que j’ai rejointe il y deux ans et où j’ai  exposé mes gravures jusqu’en décembre dernier aux côtés de la fée des lieux Vanaja Braibant et de bien d’autres artistes: autant  de belles personnes et de belles rencontres. Grâce à tous, j’ai eu là encore l’impression de trouver une place au coeur de ma ville natale en tant qu’artiste. C’est bien quand une ville devient plus qu’un lieu de travail, mais aussi un lieu pour cheminer et avancer dans son parcours artistique en se sentant accompagnée. Là aussi, bienveillance est le maître-mot, même si la vie de l’association n’est pas toujours un long fleuve tranquille. » Bien-sûr nous eûmes des orages », comme dans la chanson… mais c’est avec grand plaisir que j’exposerai fin 2018 dans notre galerie qui s’est récemment agrandie d’un nouvel espace d’expo, tout beau, tout neuf.

Ce sera un duo  début décembre avec une des créatrices de l’association: Creami qui a une passion pour l’origami qu’elle décline sous de nombreuses formes: objets, bijoux, cadres… mais  ooooooo que c’est loin encore!

Abécédaire: le milieu du gué

Commencé le 6 janvier, aujourd’hui 3 mars j’ai parcouru la moitié de l’alphabet avec vous. Me voilà rendue à la lettre O… le prochain billet est en préparation et le soir je jongle avec les mots qui commencent par « o » et qui m’inspirent, comme d’autres cOmptent les mOutOns!

A mi-parcours je voulais remercier ceux qui m’ont lue depuis le début, ceux qui ont butiné l’abécédaire au gré de leurs envies, et en parler à ceux qui prendraient le train en route, sans avoir lu aucun billet. Je n’ai rien contre les voyageurs clandestins, au contraire!

Si vous avez loupé les épisodes précédents, rendez-vous donc à la rubrique 4 de mon blog, tout bêtement intitulée  » Abécédaire 2018 «  . Selon les jours, selon les lettres, vous y trouverez de courts textes, souvent en rapport avec la gravure, mais pas toujours. Il y est aussi question de lecture, de peinture, d’inspiration.

A bientôt pour le OOOOOOO…15941510_10212014250495867_2468248695427332144_n

 

N: Le Noir de la Guerre

Voilà quelques jours que je peaufine mes recherches pour ce billet. Bien-sûr j’ai pensé à Soulages mais je voulais trouver  autre chose que son ultranoir que tout le monde connaît. Et c’est ici que rentre en scène le VANTABLACK… comme un personnage tout droit sorti de Star Wars, comme qui dirait le frère jumeau de Dark Vador.

On lit du Vantablack qu’il est le noir le plus noir du monde. Vantablack 2.0(Vertically Aligned NanoTube Arrays Black)  est une matière constituée d’un entrelacs de nanotubes de carbone qui absorbent la lumière à 99,965 % conçue par l’entreprise britannique Surrey NanoSystems. Dès l’annonce de sa création, le Vantablack a déchaîné les passions. En février 2016, le plasticien britannique Anish Kapoor a annoncé avoir obtenu l’exclusivité des droits d’utilisation, déclenchant une tempête de protestations dans les milieux de l’artSi cette guerre du noir vous intéresse, lisez donc l’article du Monde ici.

Avant Kapor et Soulages, d’autres artistes ont aussi montré leur fascination pour cette couleur ou non-couleur. Ainsi, les Black Paintings , dernière série de Rothko dont on connaît davantage les aplats de couleurs.mark-rothko-no-.7-1964

Ou encore les Black drippings de Pollock, moins célèbres que ses projections colorées mais d’une grande force graphique.

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La liste est longue des artistes que le noir a attrapé dans ses filets. Comme le sculpteur Richard Serra qui dans sa série Ramble Drawings travaille sur « des papiers japonais à la trame délicate, frangés en leurs bords, il répand la matière granuleuse du crayon lithographique fondu, pris entre deux feuilles de papier et répandu, technique à part qui fait vibrer la lumière, varie les effets de texture et de tons, du gris pâle au noir charbonneux. « (Télérama)

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Et vous, amis graveurs, qu’est-ce qui vous attire dans le noir? Dans quelle proportion l’utilisez-vous? Vous semble-t’il indispensable à la pratique de la gravure? J’espère que certains d’entre vous laisseront ici leur témoignage…

 

Le K : OpalKA, IKB et K626 ?

Le K est une lettre difficile,  la plus rare de notre langue. C’est la lettre du secret, de la kabbale et les noms qu’elle m’évoque ont tous une oeuvre à la fois connue et éminemment ésotérique.  A commencer par Klein et son célèbre bleu, l’ IKB.klein  Ou OpalKa et sa recherche du  blanc et de l’effacement. Oeuvres majeures, monochromes et monomaniaques d’artistes qui ont fait du corps (celui  des autres ou le leur) le sujet. Mais  les peintures anthropomorphiques de Klein, comme les photos auto-portraits d’Opalka (qui durant 46 ans livra son visage en pâture au temps) dépeignent moins le corps que le passage du temps sur les corps.

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Passage du temps aussi sur les tableaux d’Opalka qui a peint chaque jour environ 380 nombres, dans une suite allant  de 1 à l’infini. Voici une  vidéo de l’INA qui le montre à l’oeuvre et où Roman (prénom magnifique) parle de son travail bien mieux que je ne saurais le faire. Cela s’appelle « Fondu au blanc ».

La gravure pour moi se situe quelque part en tension entre les traces de Klein et cette citation d’Opalka: « Je peins la durée ».

J’aurais pu  parler de Kafka, de Kundera, du K de Buzzati aussi. Ma rêverie autour du K m’a finalement conduite à Mozart dont les morceaux ont tous  1K+ un nombre pour prénom, selon la nomenclature Kochel . Savez-vous à quelle oeuvre très célèbre correspond le K626?