Cartographie imaginaire

Le village minuscule, 1er état

La série « Maisons » se poursuit…

A présent, elles se baladent, se posent sur des îles au hasard, des îles rêvées, des îles parcourues…Elles dessinent une cartographie intime où le mobile et l’immobile tissent une histoire, et tout devient fluide, possible.

Parfois, maintenant, mes petites maisons se collent l’une à l’autre, telles les moutons pendant l’estive, elles font société, forment un village minuscule dans lequel des affinités peut-être se créent, des amitiés se nouent.

Au soir, tout autour, la mer est agitée, alors les gens se serrent pour la veillée et les anciens racontent des histoires apportées par le vent et les tempêtes, toujours les mêmes.

Les plus petits s’endorment, blottis dans des peaux de bête ou contre le sein de leur mère, bercés par des voix mêlées aux vents contraires.

Série Maison, encore

Ici, « les saints de glace » sont passés, le printemps s’installe mais dans l’atelier souffle encore le souvenir vivace des tempêtes de neige, le désir d’enfouissement que tout ce blanc a suscité en moi . Dans cette nouvelle plaque, seule l’aquatinte rythme la plaque et traduit ce monde enseveli où une petite maison demeure….

Une maison face à l’atelier de La Main Gauche, côté cour, à Toulouse…et le 1er état d’une nouvelle maison enfouie.

Série Maison pour International Print Exchange 2019 (IPE)

Je vais participer à l’expo-échange IPE avec une de mes estampes de la Série Maison et une  édition de 10 tirages numérotés.Avec mes copains-copines de l’Atelier e La Main Gauche, nous sommes une petite quinzaine à participer à ce projet. Plus d’infos ici:http://www.internationalprintexchange.org/

Tirage d’essai: eau-forte, aquatinte et pointe sèche monotypée

Série Maisons, suite

Dans cette série, beaucoup de maisons sont inspirées de mes souvenirs ou de mes rêveries autour du Québec.

Le côté « refuge » y est accentué par la morsure du froid et de la glace.

Dehors, tout est blanc, gris, couleur de gel, mais on imagine les flammes dans le foyer. Toujours, une bouilloire est posée sur le poêle, de l’eau frémit dans l’attente du voyageur de passage.

Série Maisons

Sorties de l’hiver, encore blotties dans la neige, abris, cabanes, refuges…mes petites maisons sont autant de lieux sûrs.

Elles jaillissent de la lisse et dure surface cuivrée que l’acide, la pointe et le burin attaquent.

Elles sont là, immobiles et intemporelles. Elles résistent à toutes les tempêtes, aux intempéries de la vie. En leur centre brûle un feu. Bientôt de la buée couvre les vitres et on entend des bruits sourds d’assiettes, de bouilloire, et l’éclat plus clair des rires et des conversations.

La Maison

Voilà donc venu avec la nouvelle année mon nouveau thème de recherche.

Il s’est imposé tout seul, comme un point fixe au coeur de la tourmente.

Nous traversons tous des zones de turbulence, et alors qu’il est bon de se souvenir de la maison natale, de la maison d’enfance, de vacances. Une mason, n’importe laquelle, qui a su abriter nos peurs et nos espoirs.

C’est aussi peut-être la maison de nos rêves ou elle de tous les jours,si familière que nous ne la voyons plus. Elle fait partie du décor.

La maison des contes de fée, bicoque, chateau, peu importe.

Un lieu sûr.

G+H= Graver mon Herbier

27544790_10215718073489127_1362311406823297132_n

Dans ce petit journal alphabétique me voilà rendue d’un bond aux lettres G & H. Les deux sont pour moi comme indissociables  depuis plus d’un an. Je travaille par série, de façon un peu obsessionnelle disons-le. Et je n’arrive pas à me dépêtrer de la série « Herbier », ou « Botanique » où mes eaux-fortes et pointes sèches me ramènent toujours.

Il y a  sans doute dans ce retour incessant quelque chose de la nostalgie de ces heures oisives passées dans la campagne ariégeoise à herboriser ou à lire, un brin d’herbe à la bouche et une nuée de papillons autour de la tête. Oui, il y avait encore des prairies pleines de papillons…

Je suis fascinée par les gravures anciennes hollandaises qui restituent si bien ces tulipes, ces iris, ces pivoines  cueillis il y a plus de deux cents ans et dont on croirait encore sentir le parfum entêtant. Graver mon herbier a ainsi quelque chose aussi du frisson que procurent les memento mori et autres vanités.

Ce qui me trouble c’est le rapprochement qui s’opère entre la nature  éphémère et mortelle des plantes et la gravure qui immortalise ces effloraisons par la morsure du cuivre.  Graver comme une forme de conservation des corps végétaux, un « embaumement » dans les deux sens du terme.  Si cela vous parle, je vous conseille en passant la lecture de l’Embaumeur, d’Isabelle Duquesnoy. L’histoire d’un embaumeur après la Révolution. Mais attention, « Faut reconnaître… C’est du brutal ! », comme diraient les Tontons Flingueurs…âmes sensibles, s’abstenir…

27749752_10215718083089367_7336793466390477530_n