Confit ariégeois en photos, I


Maintenant que le déconfinement s’approche pour tout le monde, je peux bien vous l’avouer. Etre reclus ici dans notre petit village de Haute Ariège, c’est (aussi )du bonheur.

Retrouver des plaisirs et des joies simples, s’émerveiller du linge qui sèche vite et qui sent bon, des surprises et caprices de la météo qui nous a fait tantôt grelotter, tantôt brunir sous le soleil d’avril si chaud déjà. Et c’est ainsi chaque jour qui passe, depuis ce lundi 16.III.2020.

Reportage en images :

Mars :

Avril :

Mai … jusqu’à quand ?!

Le chant des confinés, II : confinés, masqués oui, bâillonnés, NON !

On ne compte plus le nombre de week-ends confinés alors autant en rire.

Voici une parodie de la chanson de Jacques Brel qui a fait le tour des réseaux sociaux par le groupe Les Goguettes qui se définissent comme un trio (mais à 4).

Les Goguettes égratignent tout dans leur sillage, de Macron à Philippe sans oublier les gestes barrière et les règles du confinement. Le clou de la chanson:

« Pour pas se contaminer, il faut se confiner. Mais pour se déconfiner, faut être immunisés, pour être immunisés faut se faire contaminer, pour se faire contaminer il faut se déconfiner. CQFD. »

Mais le mieux c’est vraiment d’écouter la chanson en entier !

Enfin, je voudrais aussi vous signaler ce fait divers toulousain : une jeune femme a été mise en garde à vue pour avoir tendu une banderole sur la façade de sa maison où on lisait: « MACRONAVIRUS, A QUAND LA FIN ? » …c’était son chant des confinés à elle. En cela elle se faisait que reprendre la une de Charlie Hebdo. Pour lire l’article de la presse locale c’est ici: https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/toulouse-jeune-femme-placee-garde-vue-banderole-sa-maison-1820434.html?fbclid=IwAR3IKkBWbm_sltlF84uaU6f97lBS4io1jHXGgDlDJG0XRUt_xJChaOGjfBI

Alors, en luttant contre le virus, n’oublions pas de continuer à défendre nos libertés fondamentales: ne pas bouger, ce n’est pas « la boucler ». Confinés oui, bâillonnés, non.

Allez bonne fin de semaine, la dernière d’avril. Le week-end prochain on sera en mai, ça sera peut-être mieux !

Un beau jour couleur citron confit

23.IV.2020

Au milieu de la 6ème semaine de confinement dans notre petit village, le soleil est revenu et nous a tirés de trois jours de torpeur, d’abattement et de mauvaise humeur contenue.

On a pu enfin refaire un petit tour de village et composer de beaux bouquets en glanant des fleurs le long des chemins ou en bordure des nombreux jardins abandonnés. Et là, quelle explosion de couleurs, de senteurs. Un souffle léger , comme une allégresse nous a envahies ma fille et moi.

Il n’y a pas grand chose à dire. Aujourd’hui, c’était l’anniversaire d’une amie chère qui se plait à dire qu’elle est née le même jour que Shakespeare. C’est avec elle que j’ai appris la gravure . Voilà dix ans que nous nous côtoyons les jeudi, dans l’atelier qu’elle a fondé. Ce n’est pas la première fois que nous ne la voyons pas le 23 avril. Souvent, ces dernières années, la date tombait pendant les vacances de Pâques…

Cette année, drôle de 23 avril. Nous ne sommes plus en vacances et pourtant tout reste clos, à l’arrêt, en suspens.

Mais les fleurs elles, rien ne les arrêtent. Pas de répit pour ces braves qui continuent leur saison faste et nous réjouissent de leur floraison, de leur étiolement insensible au fil des jours et des ondées, et de leur fanaison aussi.

Ultime cadeau du jour : hier je pleurais mon jardin près de Toulouse: cette fois-ci , je n’aurai pas profité de mes pivoines arbustives plus belles d’année en année. Et voilà que je découvre un pied de pivoine caché dans le potager ici à la montagne. Je ne l’avais jamais vu en bouton. Chamade dans mon petit coeur tout contrit, tout confit.

Et sur ce, bonsoir.

Le chant des confinés, I : « Bella Ciao »

La musique peut-être une consolation, un soutien pour nous tous qui vivons loin les uns des autres. Cette 5ème semaine de confinement a été éprouvante pour moi, alors je me suis mise à chantonner des airs, des chansons et cela m’a fait un bien fou.

C’est comme ça qu’est née l’idée de partager avec vous ces mélodies, ces paroles qui dans l’histoire nous ont aidés à traverser des périodes difficiles: la résistance est un grand motif, une forme de résilience collective et musicale.

Aujourd’hui, voici le premier chant de la série : « Bella Ciao « 

Pourquoi cette chanson m’est revenue en premier, je m’interroge. Peut-être mes lointaines origines italiennes. Je me suis renseignée sur l’origine de la chanson.

Géographiquement, elle provient du Piémont italien d’où une partie de ma famille est originaire … Tout le monde connaît plus ou moins le rôle de ce chant partisan dans l’histoire récente:

« Bella ciao est une chanson italienne qui célèbre l’engagement dans le combat mené par les partisans de la seconde Guerre mondiale contre les troupes allemandes de la République sociale italienne durant la Guerre
civile. Les paroles ont été écrites fin 1944 sur la musique d’une chanson populaire que chantaient au début du XXe siècle les mondine, ces saisonnières qui désherbaient les rizières de la plaine du Pô et repiquaient le riz, pour dénoncer leurs conditions de travail. Elle est chantée depuis 1963 dans le monde entier comme un hymne à la résistance. »

Les femmes de ma famille restées en Italie étaient-elles une de ces « Mondine » ?

Je lis:

« Avant-guerre, une certaine version de la chanson des mondine est chantée lors des banquets, entre autres par Giovanna Daffini, fille d’un violoniste ambulant qui l’a apprise de sa grand-mère et la chantait quand elle travaillait, dès l’âge de treize ans, en 1926, dans les rizières de Vercelli et de Pavie. Installée en 1932 à Gualtieri, en Émilie, elle chante alors tel un aède dans les mariages, accompagnée par sa guitare et le violon de son mari, un répertoire anarchiste. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle s’engage dans la Résistance. »

J’avais commencé avant le départ de mon père la généalogie de sa branche familiale et j’avais découvert alors que mon nom de jeune fille « Pressenda » appartient à une famille de luthiers. Joannes Franciscus Pressenda a fabriqué de très beaux instruments comme celui-ci qui date de 1830 et que vous pouvez entendre ici:

Pour finir, voici l’air original et les paroles des Mondine que les partisans ont ensuite adaptées:


C’est une chanson de travail et de protestation piémontaise. Elle exprime la protestation des mondine, les saisonnières qui désherbaient les rizières d’Italie du Nord et y repiquaient les plants de riz, contre les dures conditions de travail : les femmes devaient rester courbées toute la journée, dans l’eau jusqu’aux genoux,
sous le regard et les brimades des surveillants.
Les conditions de travail et de vie des mondine sont illustrées par le film Riz amer de Giuseppe De Santis, chef-d’œuvre du néoréalisme italien.

Alla mattina appena alzata
O bella ciao bella ciao bella ciao, ciao,
ciao
Alla mattina appena alzata
In risaia mi tocca andar
E fra gli insetti e le zanzare
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao
ciao
E fra gli insetti e le zanzare
Un dur lavoro mi tocca far
Il capo in piedi col suo bastone
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao
Traduction
Le matin, à peine levée
Bonjour belle, bonjour belle bonjour belle belle
belle !
Le matin, à peine levée
À la rizière je dois aller
Et entre les insectes et les moustiques
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
Et entre les insectes et les moustiques
Un dur labeur je dois faire
Le chef debout avec son bâton
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
Le chef debout avec son bâton

Allez restons chez nous, et surtout restons debout !

Ariège, terre privilégiée…

17 avril 2020

En cette 5ème semaine de confinement, nous avons eu la visite d’un ami journaliste venu enquêter sur les conditions du confinement dans notre petit village de Haute Ariège. Nous étions tout heureux qu’il ait obtenu une dérogation et de briser ainsi un peu la distanciation sociale : enfin un visage ami, une voix familière sans l’expédient des réseaux sociaux! Du direct, du direct !

Ce qui l’a frappé c’est que tous nous nous définissons comme des « privilégiés », et c’est vrai que les jours ici, si ce n’est le manque de rencontres et d’activités culturelles qui sont le lot de chacun en ce moment, s’écoulent doucement.

Pas de problème de ravitaillement, pas de longues files d’attente devant les supermarchés, pas d’interdiction des marchés de plein vent… Comme il n’y a pas grand monde, il y a de tout pour tous. Avec en prime, les pics des Pyrénées où la neige fond à vue d’oeil et la nature omniprésente, arrogante de vie, de sève.

Le silence ici n’est pas l’exception mais la règle. A peine troublé par le passage de quelques hélicoptères bleu marine ou d’un drone à l’affût des randonneurs. Enfin, c’était il y a quinze jours, au tout début des vacances de Pâques …depuis, rien, tranquilles.

Mais si la randonnée est interdite, rien n’empêche les balades autour et hors du village. Le périmètre d’un kilomètre reste indicatif et symbolique. Quand je pars par les sentiers et que je reviens par la forêt d’Ascou , les seules bornes que je croise sont celles du GR 107. Le temps et les distances s’estompent et reculent face au soleil insolent d’avril.

Je laisse à présent la parole et la plume à mon ami Jean-Luc qui a observé d’un oeil neuf notre petit monde. Vous pouvez lire son article ici: https://www.la-croix.com/France/En-haute-Ariege-confinement-serein-zone-montagne-2020-04-16-1201089734

Agnus dei, Bach et karaoké

En ce dimanche de Pâques, le quatrième dimanche de confinement, on essaie de maintenir le cap, de se raccrocher aux traditions, même en très petit comité.

J’ai envie de partager avec vous de belles images et des instants sonores de ma vie ici en Haute Ariège. A un kilomètre à la ronde, on entend les cloches des troupeaux de vaches ou de moutons.

Sur mon chemin de ronde, souvent, un troupeau que ma venue affole. De part et d’autre du sentier, sur les genêts qui commencent à fleurir, des bouts de toison accrochés. J’en fais de petites boules de laine que je rapporte et dépose dans les arbustes autour de la maison : ici, les moineaux, les mésanges sont occupés à bâtir les nids et je me dis que mon offrande les rendra plus douillets.

De retour au foyer, la fraîcheur arrive vite, vers 5 heures , il faut penser à rentrer le linge et rallumer le feu. L’heure est au repos, au repli, à Bach aussi, pour la transcendance. J’ai trouvé un « Agnus Dei » de toute beauté que vous pourrez écouter ici:

Et maintenant, chantez si vous voulez ! Il y a même les paroles qui défilent sur la partition. Un Bach-karaoké pour Pâques, ça vous dit?

Portez-vous bien et chérissez ceux que vous aimez, qu’ils soient proches ou éloignés de vous ce dimanche 12 avril 2020… Demain, c’est lundi, et ce sera une autre danse, avec la 4ème? 3ème? allocution présidentielle. Là, on risque de déchanter… Mais c’est demain.

Ma « Casa de Papel »

4.IV.2020

A l’aube d’une quatrième semaine de confinement, alors que les vacances commencent pour certains, je me lance dans des projets au long court. Il semblerait que du temps, nous en avons beaucoup devant nous. Du temps pour bâtir ma casa de papel -ma maison de papier- moitié textes, moitié gravures.

Depuis début 2019, la maison est le thème central de mes gravures. Thème prémonitoire s’il en est ! Quand il s’est imposé à moi, il répondait à un besoin profond, né d’une crise familiale intime. Nous étions soudain dans la nécessité vitale de nous retrouver dans notre foyer, de nous serrer les coudes, de recréer un nid protecteur pour traverser une période de fortes turbulences. Notre fille venait de briser le silence, de nous livrer un lourd secret qui pesait sur elle et sur sa vie depuis des années. Choc, repli, instinct de protection, colère : c’est tout cela que mes gravures reflétaient, et avaient commencé à dire avant même que ma fille ne se confie. Étrange pouvoir du subconscient qui s’est exprimé au travers de mes mains de mère, de graveur.

Mais en ce mois d’avril 2020, ce besoin de repli , de protection, de barrières jusque dans nos gestes quotidiens a soudain pris une dimension mondiale. Nous ne sommes plus TROIS confinés pour se protéger des agresseurs extérieurs, mais des MILLIARDS! La « distanciation sociale » à laquelle nous avons été contraints depuis novembre 2018, les sentiments de frustration, d’isolement, de solitude que nous avons ressentis, trouvent à présent un immense écho chez nous tous, vous tous, qui subissez de force cette coupure d’avec vos proches, vos amis, vos collègues.

Curieusement, cette généralisation de la peine nous a apporté un peu de soulagement : soudain, des millions de personnes, et parmi les plus proches, font l’expérience de cette mise au banc sociale et de tous les manques, les souffrances qui l’accompagne. Je ne pense pas qu’à notre petit noyau familial, nous ne sommes pas le nombril du monde. Je pense à tous ceux qui sont socialement isolés ou oubliés du fait de leur différence, quelle qu’elle soit: chômage, immigration, handicap…

Mais revenons à ce printemps: depuis le confinement, c’est sûr, la MAISON a pris pour NOUS TOUS une importance majeure. Ce lieu que souvent nous traversions comme un relais étape ou relais château entre nos mille et une activités du quotidien est devenu le lieu unique de nos jours: retour à la case prison sans passer par la caisse pour les mins chanceux d’entre nous… Pour d’autres, bienheureux, l’heure de renouer avec la MAISON-COCON.

Alors en attendant de recevoir un jour ou l’autre un peu de matériel pour pouvoir graver, je finis mon jeu de construction en bois gravé. Bientôt la publication-crémaillère… Promis, vous serez tous invités!

Le bruit du temps qui coule, confinés semaine 3

30.III.2020

Cette 3ème semaine de télétravail avec mes classes me pèse un peu. Non pas que je n’apprécie pas d’être en lien avec eux mais j’ai hâte d’être libérée de cours pour donner libre cours à des réflexions plus urgentes sur ce que nous sommes 3 milliards à traverser.

Au début, ces classes virtuelles m’évitaient de penser, de regarder ou d’écouter en boucle les média, de tourner en rond dans la maison. Cette routine me rassurait et me ramenait à ma vie d’avant. Mais cette fuite en avant dans le travail n’a qu’un temps. Mes élèves aussi je pense ont besoin de faire une pause dans leur famille pour vivre cette période.

De ci de là, j’attrape des brides de réflexion, des remarques, des titres de livres, de films que je voudrais noter. Comme ce matin la lettre écrite par Annie Ernaux, lue par Augustin Trapenard. Heureusement, nous vivons à l’heure des « podcasts » et autres « replays » qui permettent de rattraper le temps perdu, de faire un arrêt sur image, un retour en arrière sur des moments fugaces mais précieux.

Ecoutez la belle lettre de la grande Annie Ernaux, son coup de gueule de velours…https://www.franceinter.fr/emissions/lettres-d-interieur/lettres-d-interieur-30-mars-2020

Et sinon, écoutez si vous voulez la chanson de l’eau de neige qui coule et fond sur les ardoises de mon petit village ariégeois.https://youtu.be/48Nh6qwcXFo

A très vite… et faites attention à vous.

Torrents et volets clos

29.III.2020 : 2ème week-end de confinement en France (Ariège)

Dans un billet précédent (https://lapoudredestampette.com/2020/03/27/klakmy%ca%80e/) je vous parlais d’un reportage-photos de mon petit village et de ses volets clos. Voici quelques unes de ces photos que je trouve plus tristes au fur et à mesure que nous nous enfonçons dans un isolement forcé et prolongé.

Mais ce journal du confinement n’est pas là pour vous plomber le moral et je voudrais aussi partager une vidéo primesautière, printanière, filmée à la veille de passer à « l’heure d’été ». Cette heure d’été paraît bien ironique alors même qu’on vient de nous annoncer une autre quinzaine de confinement. Mais après ce début de printemps oblitéré, l’été triomphera et je pense aux heures où nous le célébrerons plus que jamais. https://youtu.be/bRJgGf4aoGQ

[klakmyʀe]

Verbe: claquemurer:Prononciation et Orthographe : [klakmyʀe], (je) claquemure [klakmy:ʀ]. Ds Académie française 1694-1932. Étymologie et Histoire 1644 claquemuré (Scarron, Typhon, IV, 14 dans Richardson); 1648 claquemurer (Id., Virgile, VI, 254a, ibid.). Dérivé. de (jouer) à claquemur, jeu d’enfant (Oudin, Trésor des deux langues espagnolle et françoise, Paris, 1660) consistant prob. à enserrer un joueur si étroitement qu’il fait claquer les bornes qui le cernent, composé de la forme verbale claque de claquer1* et de mur*.

27.III.2020 , Ariège, France.

Nous arrivons bientôt au bout de la 2ème semaine de confinement national et pour rester dans l’air du temps, j’ai fait un reportage photo de mon village où nous sommes très peu d’habitants.

Le tour du village a des airs de désolation mais je trouve aussi beaucoup de poésie à toutes ces fenêtres fermées, ces portes verrouillées, cadenassées. Ces « maisons closes » sont aussi la promesse d’un printemps qui mettra sans doute du temps à s’installer, mais qui, imparable, arrivera. Et avec lui, la fin du confinement, les volets claqueront au vent, les voix résonneront dans les ruelles, et les rires, et les verres tinteront.

Patience, ce n’est qu’une parenthèse, nous ne vivrons pas pour toujours entre quatre murs.

J’ai lu aujourd’hui ce texte écrit par Paolo Giordano qui publiera bientôt son nouveau livre « Contagions ». (comme la publication du livre sur papier est différée, on peut le lire sur le site des éditions du Seuil)

« Le psaume 90 renferme une invocation qui me revient souvent à l’esprit en ces heures : « Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse. »

« J’ai toutefois l’impression que le psaume nous suggère une autre attitude : enseigne-nous à bien compter nos jours pour que nous donnions de la valeur à nos jours. A tous, y compris à ceux qui nous apparaissent seulement comme un intervalle pénible.
Nous pouvons nous dire que le Covid-19 est un accident isolé, une disgrâce ou un fléau, crier que c’est entièrement leur faute. Rien ne nous en empêche. Ou alors, nous pouvons nous efforcer d’attribuer un sens à la contagion. Faire un meilleur usage de ce laps de temps, nous en servir pour méditer ce que la normalité nous empêche de méditer : comment nous en sommes arrivés là, comment nous aimerions reprendre le cours de notre vie.
Compter les jours. Appliquer notre cœur à la sagesse. Ne pas permettre que toute cette souffrance passe en vain. »