Ariège, terre privilégiée…

17 avril 2020

En cette 5ème semaine de confinement, nous avons eu la visite d’un ami journaliste venu enquêter sur les conditions du confinement dans notre petit village de Haute Ariège. Nous étions tout heureux qu’il ait obtenu une dérogation et de briser ainsi un peu la distanciation sociale : enfin un visage ami, une voix familière sans l’expédient des réseaux sociaux! Du direct, du direct !

Ce qui l’a frappé c’est que tous nous nous définissons comme des « privilégiés », et c’est vrai que les jours ici, si ce n’est le manque de rencontres et d’activités culturelles qui sont le lot de chacun en ce moment, s’écoulent doucement.

Pas de problème de ravitaillement, pas de longues files d’attente devant les supermarchés, pas d’interdiction des marchés de plein vent… Comme il n’y a pas grand monde, il y a de tout pour tous. Avec en prime, les pics des Pyrénées où la neige fond à vue d’oeil et la nature omniprésente, arrogante de vie, de sève.

Le silence ici n’est pas l’exception mais la règle. A peine troublé par le passage de quelques hélicoptères bleu marine ou d’un drone à l’affût des randonneurs. Enfin, c’était il y a quinze jours, au tout début des vacances de Pâques …depuis, rien, tranquilles.

Mais si la randonnée est interdite, rien n’empêche les balades autour et hors du village. Le périmètre d’un kilomètre reste indicatif et symbolique. Quand je pars par les sentiers et que je reviens par la forêt d’Ascou , les seules bornes que je croise sont celles du GR 107. Le temps et les distances s’estompent et reculent face au soleil insolent d’avril.

Je laisse à présent la parole et la plume à mon ami Jean-Luc qui a observé d’un oeil neuf notre petit monde. Vous pouvez lire son article ici: https://www.la-croix.com/France/En-haute-Ariege-confinement-serein-zone-montagne-2020-04-16-1201089734

Agnus dei, Bach et karaoké

En ce dimanche de Pâques, le quatrième dimanche de confinement, on essaie de maintenir le cap, de se raccrocher aux traditions, même en très petit comité.

J’ai envie de partager avec vous de belles images et des instants sonores de ma vie ici en Haute Ariège. A un kilomètre à la ronde, on entend les cloches des troupeaux de vaches ou de moutons.

Sur mon chemin de ronde, souvent, un troupeau que ma venue affole. De part et d’autre du sentier, sur les genêts qui commencent à fleurir, des bouts de toison accrochés. J’en fais de petites boules de laine que je rapporte et dépose dans les arbustes autour de la maison : ici, les moineaux, les mésanges sont occupés à bâtir les nids et je me dis que mon offrande les rendra plus douillets.

De retour au foyer, la fraîcheur arrive vite, vers 5 heures , il faut penser à rentrer le linge et rallumer le feu. L’heure est au repos, au repli, à Bach aussi, pour la transcendance. J’ai trouvé un « Agnus Dei » de toute beauté que vous pourrez écouter ici:

Et maintenant, chantez si vous voulez ! Il y a même les paroles qui défilent sur la partition. Un Bach-karaoké pour Pâques, ça vous dit?

Portez-vous bien et chérissez ceux que vous aimez, qu’ils soient proches ou éloignés de vous ce dimanche 12 avril 2020… Demain, c’est lundi, et ce sera une autre danse, avec la 4ème? 3ème? allocution présidentielle. Là, on risque de déchanter… Mais c’est demain.