Le bruit du temps qui coule, confinés semaine 3

Cette 3eme semaine de télétravail avec mes classes me pèse un peu. Non pas que je n’apprécie pas d’être en lien avec eux mais j’ai hâte d’être libérée de cours pour donner libre cours à des réflexions plus urgentes sur ce que nous sommes 3 milliards à traverser.

Au début, ces classes virtuelles m’évitaient de penser, de regarder ou d’écouter en boucle les média, de tourner en rond dans la maison. Cette routine me rassurait et me ramenait à ma vie d’avant. Mais cette fuite en avant dans le travail n’a qu’un temps. Mes élèves aussi je pense ont besoin de faire une pause dans leur famille pour vivre cette période.

De ci de là, j’attrape des brides de réflexion, des remarques, des titres de livres, de films que je voudrais noter. Comme ce matin la lettre écrite par Annie Ernaux, lue par Augustin Trapenard. Heureusement, nous vivons à l’heure des « podcasts » et autres « replays » qui permettent de rattraper le temps perdu, de faire un arrêt sur image, un retour en arrière sur des moments fugaces mais précieux.

Ecoutez la belle lettre de la grande Annie Ernaux, son coup de gueule de velours…https://www.franceinter.fr/emissions/lettres-d-interieur/lettres-d-interieur-30-mars-2020

Et sinon, écoutez si vous voulez la chanson de l’eau de neige qui coule et fond sur les ardoises de mon petit village ariégeois.https://youtu.be/48Nh6qwcXFo

A très vite… et faites attention à vous.

Torrents et volets clos

2ème week-end de confinement en France (Ariège)

Dans un billet précédent (https://lapoudredestampette.com/2020/03/27/klakmy%ca%80e/) je vous parlais d’un reportage-photos de mon petit village et de ses volets clos. Voici quelques unes de ces photos que je trouve plus tristes au fur et à mesure que nous nous enfonçons dans un isolement forcé et prolongé.

Mais ce journal du confinement n’est pas là pour vous plomber le moral et je voudrais aussi partager une vidéo primesautière, printanière, filmée à la veille de passer à « l’heure d’été ». Cette heure d’été paraît bien ironique alors même qu’on vient de nous annoncer une autre quinzaine de confinement. Mais après ce début de printemps oblitéré, l’été triomphera et je pense aux heures où nous le célébrerons plus que jamais. https://youtu.be/bRJgGf4aoGQ

[klakmyʀe]

Verbe: claquemurer:Prononciation et Orthographe : [klakmyʀe], (je) claquemure [klakmy:ʀ]. Ds Académie française 1694-1932. Étymologie et Histoire 1644 claquemuré (Scarron, Typhon, IV, 14 dans Richardson); 1648 claquemurer (Id., Virgile, VI, 254a, ibid.). Dérivé. de (jouer) à claquemur, jeu d’enfant (Oudin, Trésor des deux langues espagnolle et françoise, Paris, 1660) consistant prob. à enserrer un joueur si étroitement qu’il fait claquer les bornes qui le cernent, composé de la forme verbale claque de claquer1* et de mur*.

Ariège, France.

Nous arrivons bientôt au bout de la 2ème semaine de confinement national et pour rester dans l’air du temps, j’ai fait un reportage photo de mon village où nous sommes très peu d’habitants.

Le tour du village a des airs de désolation mais je trouve aussi beaucoup de poésie à toutes ces fenêtres fermées, ces portes verrouillées, cadenassées. Ces « maisons closes » sont aussi la promesse d’un printemps qui mettra sans doute du temps à s’installer, mais qui, imparable, arrivera. Et avec lui, la fin du confinement, les volets claqueront au vent, les voix résonneront dans les ruelles, et les rires, et les verres tinteront.

Patience, ce n’est qu’une parenthèse, nous ne vivrons pas pour toujours entre quatre murs.

J’ai lu aujourd’hui ce texte écrit par Paolo Giordano qui publiera bientôt son nouveau livre « Contagions ». (comme la publication du livre sur papier est différée, on peut le lire sur le site des éditions du Seuil)

« Le psaume 90 renferme une invocation qui me revient souvent à l’esprit en ces heures : « Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse. »

« J’ai toutefois l’impression que le psaume nous suggère une autre attitude : enseigne-nous à bien compter nos jours pour que nous donnions de la valeur à nos jours. A tous, y compris à ceux qui nous apparaissent seulement comme un intervalle pénible.
Nous pouvons nous dire que le Covid-19 est un accident isolé, une disgrâce ou un fléau, crier que c’est entièrement leur faute. Rien ne nous en empêche. Ou alors, nous pouvons nous efforcer d’attribuer un sens à la contagion. Faire un meilleur usage de ce laps de temps, nous en servir pour méditer ce que la normalité nous empêche de méditer : comment nous en sommes arrivés là, comment nous aimerions reprendre le cours de notre vie.
Compter les jours. Appliquer notre cœur à la sagesse. Ne pas permettre que toute cette souffrance passe en vain. »

Ici, c’est loin, c’est serein

10ème jour de confinement…ici comme ailleurs en France.

D’ici, la rumeur et les peurs de la ville s’estompent et s’éloignent chaque jour davantage. A vivre dans un village peuplé d’une vingtaine d’âmes doucement, un sentiment d’irréalité s’installe. La neige arrivée à l’improviste pendant la nuit renforce encore ce sentiment, et le silence nous embrasse.

Hier, j’ai fait ma balade quotidienne, absolument nécessaire pour remettre les pieds sur terre après ces longues heures de télétravail, chats, mails et autres joyeuseté de notre vie virtuelle.

Je continue donc ici à partager ces instants de silence et de sérénité, ces bulles « hors confinement » avec cette deuxième vidéo intitulée « la cabane au fond du jardin »: https://youtu.be/1IZSB9alv54

Souvent nous rêvons de rester chez nous, sans contrainte, de profiter des nôtres… Aujourd’hui c’est cadeau ! Alors profitons, surtout si en plus nous avons la chance d’avoir la santé. Et

Pour finir une pensée pleine de gratitude pour ceux qui se battent dans les centres Covid+ et ailleurs pour que nous la conservions, pour les livreurs, les caissières, les producteurs qui veillent à satisfaire nos besoins alimentaires. Une pensée aussi pour mes libraires préférés qui ont baissé leur rideau.

Ô confins…

Confinés, confinement, cons finis… Comme vous, je cherche des façons de traverser cette période de la façon la plus douce possible. Je suis chanceuse, nous avons pu partir dans notre maison de montagne lundi, avant que les déplacements ne soient plus autorisés. Ici, nous vivons en vase clos, le village est désert, nous devons être une vingtaine d’habitants, nous nous saluons de loin et nous n’allons pas les uns chez les autres…

Mais le vrai luxe ici, c’est quand je pars dans les environs. Je ne croise personne. La nature vient de passer l’équinoxe de printemps, l’eau coule et ruisselle, les oiseaux nichent et pépient de partout…et pas un jogger à l’horizon par les monts et les sentiers !

Après une semaine passée à évacuer l’angoisse, organiser les cours à distance et à profiter de ces petits instants en égoïste, j’ai eu envie de les partager avec vous. Il faut dire que je ne risque pas de partager mes expériences de gravure: j’ai certes rejoint mon Atelier des cimes mais tout mon matériel est resté à Toulouse où je ne peux plus revenir. J’ai ma presse, mais pas d’encre ni papier…qui ne faisaient pas partie de mes priorités quand nous avons quitté Toulouse. C’était lundi 16 mars, c’était il y a une semaine, une éternité, me semble-t-il.

Pour commencer, une vidéo qui inspire le calme, prise lors d’une balade solo dans la forêt d’Ascou…. il vous suffira de cliquer sur ce lien ci-dessous pour vous laisser transporter…ailleurs, dehors !

https://youtu.be/0Zu-a6vP7_8

A demain pour d’autres moments sereins. Prenez soin de vous et donnez-moi de vos nouvelles…