J-8: encore un dimanche Ô confins…

Sheeva attend notre réveil sur une pile de couvertures
Sauf que je voudrais récupérer ma polaire pour aller déjeuner dehors
Quoi, déjà l’heure de la sieste? allongée sur un fauteuil en osier, je me laisse bercer par le chant de ce visiteur
17h… et si on allait donner le pain sec aux chevaux des voisins ?
Vue paisible, chevaux reconnaissants.
Tiens, des narcisses sauvages dans le près: ce sont les dernières: vite un bouquet !
Hall d’entrée: entre Luzenac, Toulouse et Marseille: c’est tout le sud que je convoque .
J’espère que cet été, il y aura des vide-greniers (je rêve à de nouvelles mises en scène rétro)

J-9:l’heure de sortie réglementaire en images

Je ne sais pas vous, mais certains jours je n’ai même plus envie de cette balade de  » santé », réglementée, dérogation en poche et oeil sur la montre .

Alors cet après-midi, comme le soleil était de la partie, j’ai fini par mettre le nez dehors. Je vous invite à me suivre pas à pas dans cette promenade qui au final m’a réjoui le coeur.

Je pars par l’arrière de la maison, les pissenlits chez les voisins me font une haie d’honneur.
Les vestiges d’apéros de village…avant
Les iris magnifiques de la maison près du ruisseau .
Tiens, si je jetais un oeil dans la niche à livres installée dans l’ancien lavoir: j’ai fini mon dernier livre hier soir…
Un polar nordique au titre inspirant: voilà qui fera l’affaire
Un clin d’oeil à une « amie prodigieuse » avec qui j’ai passé 1h30 ce matin au téléphone !
L’ancien lavoir-bibliothèque…
…à deux pas de la maison qu’on aperçoit -toit en pointe- au bout du chemin
Avec tout ça, déjà 20 mn d’écoulées le temps que j’atteigne l’une des « founts » de Sorgeat : entre amis, on se dit souvent « on se rejoint à la fount ». Aujourd’hui, personne, bien-sûr.
Ouhlala, déjà 5h-20 à l’horloge de la mairie, il faut que j’hâte le pas …
Je glane quelques fleurs sur le chemin du retour pour égayer le reste du week-end qui s’annonce pluvieux.

Le chant des confinés, III : Le temps du lilas par Barbara

Bientôt deux mois ici dans la maison des cimes et voilà que fleurissent les lilas, déjà fanés en plaine me dit-on. Aubaine, je tombe sur une série de recettes consacrées au lilas: sirop, gelée, vin de fleurs…

Ni une, ni deux, me voilà partie au bout du chemin, sur le petit pont bordé de lilas mauve chargés de fleurs. Je fais une belle moisson de branches odorantes, enivrantes, presque.

Mais le chant des confinés dans tout ça, me direz-vous? Et bien, la chanson s’est imposée à moi bien avant que je ne tombe sur les recettes. Je la fredonnais en passant le pont où les belles grappes se formaient, s’épanouissaient jour après jour.

Vous la connaissez sans doute, c’est Barbara qui la chantait, qui nous parlait du temps des lilas si vite passé et qu’il ne faut surtout pas laisser filer :

Mais va t’en balancer à ses branches,

Va t’en rêver dans ses jardins,

Va t’en traîner, hanche contre hanche,

Du soir jusqu’au petit matin,

Mais va t’en profiter du temps du lilas,

Du temps de la rose offerte,

Du temps des serments d’amour,

Du temps des toujours, toujours.

Ne reste pas là, va t’en le cueillir.

Il passe et puis adieu Berthe.

T’en fais pas pour moi : j’ai mes souvenirs

Du joli temps du lilas…des serments d’amour,

Du temps des toujours, toujours.

Ne reste pas là, va t’en le cueillir.

Il passe et puis adieu Berthe.

T’en fais pas pour moi : j’ai mes souvenirs

Du joli temps du lilas..

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Confit ariégeois en photos, I


Maintenant que le déconfinement s’approche pour tout le monde, je peux bien vous l’avouer. Etre reclus ici dans notre petit village de Haute Ariège, c’est (aussi )du bonheur.

Retrouver des plaisirs et des joies simples, s’émerveiller du linge qui sèche vite et qui sent bon, des surprises et caprices de la météo qui nous a fait tantôt grelotter, tantôt brunir sous le soleil d’avril si chaud déjà. Et c’est ainsi chaque jour qui passe, depuis ce lundi 16.III.2020.

Reportage en images :

Mars :

Avril :

Mai … jusqu’à quand ?!

Le chant des confinés, II : confinés, masqués oui, bâillonnés, NON !

On ne compte plus le nombre de week-ends confinés alors autant en rire.

Voici une parodie de la chanson de Jacques Brel qui a fait le tour des réseaux sociaux par le groupe Les Goguettes qui se définissent comme un trio (mais à 4).

Les Goguettes égratignent tout dans leur sillage, de Macron à Philippe sans oublier les gestes barrière et les règles du confinement. Le clou de la chanson:

« Pour pas se contaminer, il faut se confiner. Mais pour se déconfiner, faut être immunisés, pour être immunisés faut se faire contaminer, pour se faire contaminer il faut se déconfiner. CQFD. »

Mais le mieux c’est vraiment d’écouter la chanson en entier !

Enfin, je voudrais aussi vous signaler ce fait divers toulousain : une jeune femme a été mise en garde à vue pour avoir tendu une banderole sur la façade de sa maison où on lisait: « MACRONAVIRUS, A QUAND LA FIN ? » …c’était son chant des confinés à elle. En cela elle se faisait que reprendre la une de Charlie Hebdo. Pour lire l’article de la presse locale c’est ici: https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/toulouse-jeune-femme-placee-garde-vue-banderole-sa-maison-1820434.html?fbclid=IwAR3IKkBWbm_sltlF84uaU6f97lBS4io1jHXGgDlDJG0XRUt_xJChaOGjfBI

Alors, en luttant contre le virus, n’oublions pas de continuer à défendre nos libertés fondamentales: ne pas bouger, ce n’est pas « la boucler ». Confinés oui, bâillonnés, non.

Allez bonne fin de semaine, la dernière d’avril. Le week-end prochain on sera en mai, ça sera peut-être mieux !

Un beau jour couleur citron confit

23.IV.2020

Au milieu de la 6ème semaine de confinement dans notre petit village, le soleil est revenu et nous a tirés de trois jours de torpeur, d’abattement et de mauvaise humeur contenue.

On a pu enfin refaire un petit tour de village et composer de beaux bouquets en glanant des fleurs le long des chemins ou en bordure des nombreux jardins abandonnés. Et là, quelle explosion de couleurs, de senteurs. Un souffle léger , comme une allégresse nous a envahies ma fille et moi.

Il n’y a pas grand chose à dire. Aujourd’hui, c’était l’anniversaire d’une amie chère qui se plait à dire qu’elle est née le même jour que Shakespeare. C’est avec elle que j’ai appris la gravure . Voilà dix ans que nous nous côtoyons les jeudi, dans l’atelier qu’elle a fondé. Ce n’est pas la première fois que nous ne la voyons pas le 23 avril. Souvent, ces dernières années, la date tombait pendant les vacances de Pâques…

Cette année, drôle de 23 avril. Nous ne sommes plus en vacances et pourtant tout reste clos, à l’arrêt, en suspens.

Mais les fleurs elles, rien ne les arrêtent. Pas de répit pour ces braves qui continuent leur saison faste et nous réjouissent de leur floraison, de leur étiolement insensible au fil des jours et des ondées, et de leur fanaison aussi.

Ultime cadeau du jour : hier je pleurais mon jardin près de Toulouse: cette fois-ci , je n’aurai pas profité de mes pivoines arbustives plus belles d’année en année. Et voilà que je découvre un pied de pivoine caché dans le potager ici à la montagne. Je ne l’avais jamais vu en bouton. Chamade dans mon petit coeur tout contrit, tout confit.

Et sur ce, bonsoir.

Le chant des confinés, I : « Bella Ciao »

La musique peut-être une consolation, un soutien pour nous tous qui vivons loin les uns des autres. Cette 5ème semaine de confinement a été éprouvante pour moi, alors je me suis mise à chantonner des airs, des chansons et cela m’a fait un bien fou.

C’est comme ça qu’est née l’idée de partager avec vous ces mélodies, ces paroles qui dans l’histoire nous ont aidés à traverser des périodes difficiles: la résistance est un grand motif, une forme de résilience collective et musicale.

Aujourd’hui, voici le premier chant de la série : « Bella Ciao « 

Pourquoi cette chanson m’est revenue en premier, je m’interroge. Peut-être mes lointaines origines italiennes. Je me suis renseignée sur l’origine de la chanson.

Géographiquement, elle provient du Piémont italien d’où une partie de ma famille est originaire … Tout le monde connaît plus ou moins le rôle de ce chant partisan dans l’histoire récente:

« Bella ciao est une chanson italienne qui célèbre l’engagement dans le combat mené par les partisans de la seconde Guerre mondiale contre les troupes allemandes de la République sociale italienne durant la Guerre
civile. Les paroles ont été écrites fin 1944 sur la musique d’une chanson populaire que chantaient au début du XXe siècle les mondine, ces saisonnières qui désherbaient les rizières de la plaine du Pô et repiquaient le riz, pour dénoncer leurs conditions de travail. Elle est chantée depuis 1963 dans le monde entier comme un hymne à la résistance. »

Les femmes de ma famille restées en Italie étaient-elles une de ces « Mondine » ?

Je lis:

« Avant-guerre, une certaine version de la chanson des mondine est chantée lors des banquets, entre autres par Giovanna Daffini, fille d’un violoniste ambulant qui l’a apprise de sa grand-mère et la chantait quand elle travaillait, dès l’âge de treize ans, en 1926, dans les rizières de Vercelli et de Pavie. Installée en 1932 à Gualtieri, en Émilie, elle chante alors tel un aède dans les mariages, accompagnée par sa guitare et le violon de son mari, un répertoire anarchiste. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle s’engage dans la Résistance. »

J’avais commencé avant le départ de mon père la généalogie de sa branche familiale et j’avais découvert alors que mon nom de jeune fille « Pressenda » appartient à une famille de luthiers. Joannes Franciscus Pressenda a fabriqué de très beaux instruments comme celui-ci qui date de 1830 et que vous pouvez entendre ici:

Pour finir, voici l’air original et les paroles des Mondine que les partisans ont ensuite adaptées:


C’est une chanson de travail et de protestation piémontaise. Elle exprime la protestation des mondine, les saisonnières qui désherbaient les rizières d’Italie du Nord et y repiquaient les plants de riz, contre les dures conditions de travail : les femmes devaient rester courbées toute la journée, dans l’eau jusqu’aux genoux,
sous le regard et les brimades des surveillants.
Les conditions de travail et de vie des mondine sont illustrées par le film Riz amer de Giuseppe De Santis, chef-d’œuvre du néoréalisme italien.

Alla mattina appena alzata
O bella ciao bella ciao bella ciao, ciao,
ciao
Alla mattina appena alzata
In risaia mi tocca andar
E fra gli insetti e le zanzare
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao
ciao
E fra gli insetti e le zanzare
Un dur lavoro mi tocca far
Il capo in piedi col suo bastone
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao
Traduction
Le matin, à peine levée
Bonjour belle, bonjour belle bonjour belle belle
belle !
Le matin, à peine levée
À la rizière je dois aller
Et entre les insectes et les moustiques
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
Et entre les insectes et les moustiques
Un dur labeur je dois faire
Le chef debout avec son bâton
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
Le chef debout avec son bâton

Allez restons chez nous, et surtout restons debout !

Ariège, terre privilégiée…

17 avril 2020

En cette 5ème semaine de confinement, nous avons eu la visite d’un ami journaliste venu enquêter sur les conditions du confinement dans notre petit village de Haute Ariège. Nous étions tout heureux qu’il ait obtenu une dérogation et de briser ainsi un peu la distanciation sociale : enfin un visage ami, une voix familière sans l’expédient des réseaux sociaux! Du direct, du direct !

Ce qui l’a frappé c’est que tous nous nous définissons comme des « privilégiés », et c’est vrai que les jours ici, si ce n’est le manque de rencontres et d’activités culturelles qui sont le lot de chacun en ce moment, s’écoulent doucement.

Pas de problème de ravitaillement, pas de longues files d’attente devant les supermarchés, pas d’interdiction des marchés de plein vent… Comme il n’y a pas grand monde, il y a de tout pour tous. Avec en prime, les pics des Pyrénées où la neige fond à vue d’oeil et la nature omniprésente, arrogante de vie, de sève.

Le silence ici n’est pas l’exception mais la règle. A peine troublé par le passage de quelques hélicoptères bleu marine ou d’un drone à l’affût des randonneurs. Enfin, c’était il y a quinze jours, au tout début des vacances de Pâques …depuis, rien, tranquilles.

Mais si la randonnée est interdite, rien n’empêche les balades autour et hors du village. Le périmètre d’un kilomètre reste indicatif et symbolique. Quand je pars par les sentiers et que je reviens par la forêt d’Ascou , les seules bornes que je croise sont celles du GR 107. Le temps et les distances s’estompent et reculent face au soleil insolent d’avril.

Je laisse à présent la parole et la plume à mon ami Jean-Luc qui a observé d’un oeil neuf notre petit monde. Vous pouvez lire son article ici: https://www.la-croix.com/France/En-haute-Ariege-confinement-serein-zone-montagne-2020-04-16-1201089734

Agnus dei, Bach et karaoké

En ce dimanche de Pâques, le quatrième dimanche de confinement, on essaie de maintenir le cap, de se raccrocher aux traditions, même en très petit comité.

J’ai envie de partager avec vous de belles images et des instants sonores de ma vie ici en Haute Ariège. A un kilomètre à la ronde, on entend les cloches des troupeaux de vaches ou de moutons.

Sur mon chemin de ronde, souvent, un troupeau que ma venue affole. De part et d’autre du sentier, sur les genêts qui commencent à fleurir, des bouts de toison accrochés. J’en fais de petites boules de laine que je rapporte et dépose dans les arbustes autour de la maison : ici, les moineaux, les mésanges sont occupés à bâtir les nids et je me dis que mon offrande les rendra plus douillets.

De retour au foyer, la fraîcheur arrive vite, vers 5 heures , il faut penser à rentrer le linge et rallumer le feu. L’heure est au repos, au repli, à Bach aussi, pour la transcendance. J’ai trouvé un « Agnus Dei » de toute beauté que vous pourrez écouter ici:

Et maintenant, chantez si vous voulez ! Il y a même les paroles qui défilent sur la partition. Un Bach-karaoké pour Pâques, ça vous dit?

Portez-vous bien et chérissez ceux que vous aimez, qu’ils soient proches ou éloignés de vous ce dimanche 12 avril 2020… Demain, c’est lundi, et ce sera une autre danse, avec la 4ème? 3ème? allocution présidentielle. Là, on risque de déchanter… Mais c’est demain.

Prochaines expos printemps/été: calendrier rếvé, et révisé à la baisse

En cette période d’incertitude où tous les événements culturels sont annulés, difficile de se projeter sur les prochaines expos. Je publie quand même un calendrier succinct, en mode « méthode Coué », pour y croire encore, conjurer le sort, et pour qu’on se projette ensemble vers les jours meilleurs de nos retrouvailles.

Expo collective, Carla Bayle (Ariège) : reportée à MAI 2021
1er WEEK-END DE JUILLET: LES PAPIERADES, ANNULé
Et bien-sûr MAGRIE (sous réserve de sélection)