Cyanotypes: entre orages et canicule

L’été est bel et bien là, et pour qui aime faire des cyanotypes, la météo est optimale.

Les jours d’orage, ciels couverts et faible luminosité, en avant la préparation des papiers et du mélange, bien à l’abri des UV dans l’atelier.

Jours d’orage…la vie en vert!

Couper le Fabriano avec amour et précision, démonter les couvertures des petits carnets, badigeonner les pages qui deviendront kakemonos ou marque-page…

Les jours de fort ensoleillement -et on n’en manque pas cette année- sortir les trésors des armoires noires et imaginer de nouvelles compos: négatifs, herbiers virevoltent sur le papier jusqu’à ce à ce que la plaque de verre et les pinces les emprisonnent le temps de l’exposition au soleil.

Les images se révèlent très rapidement ces jours-ci, vu que nous atteignons des records de températures en altitude. 34° à 1100m, c’est pas si souvent…

Alors les plaques s’enchaînent vite: 5 à 8 mn d’exposition, et hop, au bain, on rince, on met à sécher. Il fait si chaud dehors que quand je porte les plaques, je me prends pour un boulanger, j’ai l’impression de rentrer dans un four et de mettre mes cyanos à cuire! J’en oublie même parfois de mettre ma blouse et mes jambes et tee-shirts sont constellés de bleu.

Va falloir que je fasse bientôt de la teinture sur tissu pour les récupérer (mes tee-shirts, pas mes mollets!)

Eau, lochs et Glengoyne

Jour 3, l’heure est venue de s’immerger encore plus dans les éléments liquides qui composent l’essentiel de l’Ecosse: l’eau des sources, des lochs, celle aussi dont on fait les excellents whiskies. Nous goûtons donc aux trois, que ce soit avec les yeux ou en visitant encore un peu les environs du Loch Loid, le très joli village de Luss, la distillerie Glengoyne et le petit village de Drymen qui sera notre dernière étape.

Tout d’abord nous découvrons au bout d’un chemin une maison et ses cabanes au bord de l’eau, le tout à louer…Je vous mettrai les références plus tard, elles sont dans ma valise et je rédige ce billet en attendant le vol retour. Je crois même que le lieu fera l’objet d’un billet à part, tellement cela vaut le détour!

Ici, tout donne envie de faire des photos plutôt que des grands discours…je m’économise pour les soirs au pub où je fais la causette pour nous tous…privilège de la prof d’anglais en « vacances ». Voyez plutôt:

Au village de Luss, le long du lac Lomond, en plus des légendes que nous racontent les habitants, le beau livre sur les îles écossaises que je déniche dans une boutique et de quelques souvenirs , nous avons la chance d’assister à la sortie d’église d’un mariage, certainement celui des descendants du clan ancestral – Les Colquhoun  -dont voici quelques photos: édifiant, isn’t it?!

A propose de Luss et ses légendes, je pense aussi écrire un billet à part plus tard en juillet.

Notre 3eme étape de la journée, c’est la distillerie Glengoyne que nous ne visitons pas car nous arrivons en même temps qu’un bus entier et nous n’avons pas envie de faire partie du troupeau. Par contre, les entrepôts désertés de l’autre côté de la route sont une vraie mine de photos, en voici quelques unes. Les dernières sont des gros plans sur les couvercles des barriques patinées par le temps.

Watt, Kelvin et Loch Loig

Levés tôt vendredi matin nous sommes arrivés avant l’ouverture du Kelvingrove Museum. Nous en avons profité pour aller sur les prémisses de l’Université de Glasgow. Plongeon dans l’univers de Harry Potter: bâtiments majestueux, cours, jardins, chapelle: Marie et moi chantonnons l’air du film et nous prenons pour Hermione.

Ceci dit, beaucoup choses à découvrir dans ces bâtiments dédiés à l’étude de la science. Kelvin, Watt sont à l’honneur; ambiance chaude et électrique, donc!

Je m’attarde un peu dans les salles consacrées à l’avancée de la médecine, et je suis rattrapée par mon attirance pour l’anatomie. Ici, on est gâtés!

Bon, mais un retour en extérieur et à l’air frais ne fait pas de mal…Bientôt 11h le musée va ouvrir. Un dernier regard dans les mille cours de l’Université et nous voilà partis.

Le Kelvingrove Museum vaut lui aussi largement le détour. Après un bon café, nous sélectionnons les salles du 1er étage pour découvrir les premiers peuples d’Ecosse et l’art traditionnel écossais, pour commencer.

Nous poursuivons par les salles dédiées aux coloristes de ce pays (si, si, il n’y a pas que du vert et du gris). Un tour d’horizon en images (je mettrai les noms des artistes plus tard)

Pour finir, avant de quitter Glasgow, nous savourons des scones dans le hall du musée en écoutant un concert d’orgue: magique!

Installation « Hanging heads » East Court

Nous quittons donc Glasgow en tout début d’après-midi direction la région du Loch Lomond et le Parc naturel des Trossards. Très vite, la nature reprend le dessus et nous logeons des lochs aussi grands que la mer… Après 1h30 de route (dont 30mn sur une où deux voitures ont du mal à se croiser) nous voilà rendus à notre destination, au bord du Loch Loid que notre hôtel domine. Nous profitons des environs, du cadre pour le reste de la journée et la nuit. Voici en images:

Botanique et Tennent’s

Hier, nous sommes arrivés à Glasgow vers 14h. Nous avions quitté la maison à 5h30 pour attraper le premier vol pour Londres mais le vol pour Glasgow a ensuite été retardé, donc…long début de journée!

Dix heures après, nous avons bien mérité d’aller humer l’air vif de Glasgow. Nous sommes dans le Nord-Ouest de la ville, histoire d’en sortir aisément demain pour repartir vers Le Loch Lomond et les Trossards.

Repérage rapide, tout est conforme à mes attentes: l’hôtel Kelvin est un peu désuet, mais l’accueil est bon et l’emplacement idéal: 5mn à pied du Jardin Botanique, du Musée Kelvingrove, et pléthore de restaurants et de pubs à proximité.

Comme voler British Airways en économie relève du stage détox (pas d’eau, pas un café, pas un cracker dans l’air !) nous nous ruons sur le 1er pub au coin de l’avenue. Et quel pub! Le Oran Mor est dans une ancienne église! Ambiance gothique garantie, et là aussi, excellent accueil. Nous voilà attablés devant nos Fish and Chips, à découvrir la bière locale: The Tennent’s

Bien requinqués, en route vers le Jardin Botanique, juste de l’autre côté de l’avenue.

Comme à chaque fois que j’ai visité de tels lieux en pays anglo-saxons, je suis époustouflée par la luxuriance et l’entretien des jardins. Les verts vous entourent en cascade, leur nuance semble infinie . Le top: la visite du Crystal Palace, anciennes serres datant du XIXe siècle, renovée en 1967 après le passage d’une tornade qui les a en partie dévastées.

Là, l’architecture rivalise avec l’abondance de plantes de différents milieux: on passe du désert à la jungle amazonienne en quelques pas. Quel réconfort après ces longues heures en cabine, confinés dans l’air conditionné et pressurisé des avions!

Une vidéo de la serre tropicale pour partager cette ambiance avec vous:

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Jardins botaniques, Glasgow

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Ensuite, petite pause à l’hôtel avant de repartir dîner au pub (une soupe pour moi, le « goûter » de 16h me suffisait!) et déambuler dans le quartier et ces coins insolites…

L’Art Caché…une découverte!

Mes cyanos jouent avec les ombres du figuier…

Ce week-end, j’ai participé à L’Art Caché, exposition nichée dans un petit village des Corbières, non loin de Villerouge Termenes…Lagrasse… à 30 km de la mer.

Comme c’était une première pour moi ,on m’a surnommée le « Bébé d’Albas » et ce vent de jeunesse n’était pas pour me déplaire! Tout m’a plu, en fait: le village minéral et ses ruelles ombragées (ouf!), écrins magnifiques pour exposer et aller à la rencontre des artistes et du public. L’hospitalité des gens du village et des bénévoles de l’Association est aussi à souligner: une caractéristique de l’Aude il faut croire ,car à Magrie j’ai connu la même chose et c’est pourquoi j’y reviendrai cet automne pour la 5ème année consécutive.

Le plus beau dans ces événements reste les rencontres, aussi bien avec les gens du coin qu’avec les artistes. Je me suis sentie accueillie par les uns, portée par les autres, et j’en repars le coeur riche de mille échanges, tantôt légers, tantôt profonds.

Sans oublier le plaisir que j’ai à pouvoir entendre de l’anglais véritable, et à pouvoir le parler à loisir . Je me suis même un peu remise à l’allemand car j’exposais devant la Maison Adler, habitée par le délicieux Docteur Josef. Quel charmeur ce Josef, qui n’a eu de cesse de me prodiguer ombre, rafraîchissement et conversation. Mais il faudrait alors aussi citer l’infatigable Nicole au grand coeur, Oana qui nous a ouvert les portes de sa maison et nous a hébergées deux jours, et bien-sûr Cécile qui oeuvre pour que TOUT se passe bien!

Bref, si je peux , je reviendrai exposer à Albas pour revoir mes nouveaux amis. Rendez-vous pris pour l’année prochaine!

七夕, tanzaku et cyanotype

Mon vieux bol à cyano

Hier, histoire de faire mes gammes pour le projet AIMPE (https://lapoudredestampette.wordpress.com/2019/06/28/ipe-et-aimpe-miniprints-et-max-de-boulot/) j’ai rassemblé des chutes de beau papier (Hahnemuhle 350g) dans l’idée de fabriquer des petites bandes cyanotypées et des cartes de visite.

Tanabata (七夕 « La septième nuit [du septième mois») est la fête japonaise des étoiles. Ce sera le dimanche 7 juillet et ce jour-là, les japonais écrivent leurs souhaits, parfois sous forme de poèmes, sur un tanzaku et les accrochent sur les feuilles.

Ca tombe bien, il y a justement un figuier sur mon prochain lieu d’expo: https://lapoudredestampette.wordpress.com/2019/06/30/lart-cache-a-albas/ et je vais pouvoir honorer la tradition en y accrochant mes tanzaku…

Quel bonheur de retrouver mon vieux bol dans lequel j’ai dosé le mélange et de badigeonner ces bouts de papier. La chaleur était telle que je n’ai pas eu à attendre plus de 2 heures pour les exposer au soleil.

cartes

Aujourd’hui je continue les bandelettes, mes poèmes sans parole, mon ode au bleu et aux étoiles.

L’art caché à Albas

Dans une semaine je serai à L’Art Caché, une exposition collective dans l’Aude. L’événement est organisé par l’association Eurocultures et cette année sera la 10 ème édition. Une première pour moi, et je suis très impatiente d’y être car ce type d’expos me correspond vraiment: une trentaine d’artistes sélectionnés, tout un petit village à l’heure de l’art, dans les rues, les cours, les jardins.

J’ai reçu ce matin les photos de mon lieu d’exposition et depuis, je suis sur un nuage: de vieilles pierres, un mur « végétalisé », un volet vert sous lequel sera installée une table. Je pense que tout cela se mariera à merveille avec le bleu de mes cyanotypes… Ah… exposer au creux des Corbières à l’ombre d’un figuier… Qu’espérer de mieux?

Et bien, que vous veniez en nombre nous rendre visite samedi 6 et dimanche 7 juillet 2019 à Albas !

Au plaisir de vous montrer mon travail en vous servant une citronnade…

Grand nettoyage de l’Atelier des cimes

A la fraîche ce matin j’ai commencé le grand nettoyage d’été de mon atelier en Ariège.

Même ici il fait plus chaud que d’habitude pour une fin juin: on nous annonce 34° tout le week-end , et nous sommes à 1100m d’altitude!

Hier, j’ai fait le rangement par zones, et ce matin, tandis qu’il fait encore bon, je prends mon courage à deux mains, aspirateur et serpillière: en surface, ça va déjà mieux, on respire, mais il reste encore du boulot, à juger par l’état de l’évier !!!

Allez, bientôt un espace tout propre pour sortir mes belles feuilles de papier washi pour l’AIMPE (cf billet précédent: https://lapoudredestampette.wordpress.com/2019/06/28/ipe-et-aimpe-miniprints-et-max-de-boulot/)

IPE et AIMPE: miniprints et max de boulot!

Voici venues les « grandes vacances » et la possibilité de mener à terme de grands projets. Je commence par la participation à deux expos/ candidatures à des expositions de mini estampes (miniprints). Une initiée par un atelier de gravure en Grande-Bretagne, l’autre par l’entreprise de fabrication de papier washi -Awagami- située au Japon.

A l’inscription, il faut confirmer son « humanité »: ça me plait!

Pour l’IPE, il s’agissait de faire une édition de 10 gravures au format maximum de 10X10 avant le 31 août..et j’ai fini le boulot hier.

L’ironie du truc c’est que pour l’AIMPE la date butoir est fixée au … 31 juillet et que je n’ai pas commencé! Bon, pas de panique, j’ai un peu plus d’un mois (moins les jours d’expo, moins les 4 jours en Ecosse)… donc en vrai 3 semaines pour créer deux gravures sur papier washi format A4.

J’ai déjà des idées bien sûr ? j’aime le défi et puis la perspective d’être peut-être retenue et de participer à ma première expo au Japon me grisent… alors : au boulot!