Mon « Vidatelier de l’Avent » a 10 ans!

Novembre…premiers frimas, premières brumes, jours qui raccourcissent, voici mon remède à la mélancolie: vous préparer une belle édition anniversaire pour mon Vidatelier de l’Avent qui aura lieu cette année du vendredi 29 novembre au dimanche 8 décembre 2019.

Et oui, « j’ai dix ans » comme le chante Souchon ( et le 29/11, jour du lancement du vide-atelier, mon fils fêtera ses…25 ans! Le temps passe si vite! ). Les années passent mais les principes restent les mêmes:

  • je mets en ligne sur Facebook un album photo avec les gravures et les cyanos que je vous propose et que je vous envoie avant Noël.
  • prix atelier (tout doux)
  • gravures et cyanos signés et non encadrées pour faciliter l’envoi
  • pour chaque oeuvre achetée, vous faites un don aux Restos du Coeur : je reverse 10% à l’association pour sa campagne d’hiver. L’an dernier, grâce à vous, le don total s’est élevé à 80€

Cette année, j’espère faire mieux, avec votre concours! Pas besoin d’être « inscrit » sur FB , l’album pour consulter les gravures sera public. Si vous souhaitez recevoir une invitation via fb ou par mail, n’hésitez pas à m’écrire ici ou à : murielbopress@gmail.com

D’avance merci, je retourne aux préparatifs (J-20 !)

De Sorgeat à Combray

Après une semaine à me ressourcer en montagne, à fouler les feuilles dans les sentiers, à chercher et expérimenter à l’atelier une nouvelle piste s’est ouverte à moi ce matin. Nouvelle et ancienne à la fois puisqu’elle me ramène sur les traces de Proust…

Dans mes derniers essais de cyanotype, j’ai mélangé herbier et photos d’enfance. Les tirages ressemblent un peu à des pellicules de film , des projections un peu floues, et les passages où Proust évoque la  » lanterne magique » me sont revenus d’un coup.

En voici un extrait:

A Combray, tous les jours dès la fin de l’après-midi, longtemps avant le moment où il faudrait me mettre au lit et rester, sans dormir, loin de ma mère et de ma grand’mère, ma chambre à coucher redevenait le point fixe et douloureux de mes préoccupations. On avait bien inventé, pour me distraire les soirs où on me trouvait l’air trop malheureux, de me donner une lanterne magique, dont, en attendant l’heure du dîner, on coiffait ma lampe ; et, à l’instar des premiers architectes et maîtres verriers de l’âge gothique, elle substituait à l’opacité des murs d’impalpables irisations, de surnaturelles apparitions multicolores, où des légendes étaient dépeintes comme dans un vitrail vacillant et momentané. Mais ma tristesse n’en était qu’accrue, parce que rien que le changement d’éclairage détruisait l’habitude que j’avais de ma chambre et grâce à quoi, sauf le supplice du coucher, elle m’était devenue supportable. « 

Et une « illustration » et explication trouvées sur le site de la BNF: http://expositions.bnf.fr/proust/grand/7-5.htm

J’ai alors repensé aux passages dans Du côté de chez Swann, magnifiques, baignés de bleus, dans la petite église de Combray. Je ne résiste pas au plaisir de les partager ici:

Que je l’aimais, que je la revois bien, notre Eglise…/… Ses vitraux ne chatoyaient jamais tant que les jours où le soleil se montrait peu, de sorte que, fît-il gris dehors, on était sûr qu’il ferait beau dans l’église(…) Il y en avait un qui était un haut compartiment divisé en une centaine de petits vitraux rectangulaires où dominait le bleu, comme un grand jeu de cartes pareil à ceux qui devaient distraire le roi Charles VI; mais soit qu’un rayon eût brillé, soit que mon regard en bougeant eût promené à travers la verrière tour à tour éteinte et rallumée, un mouvant et précieux incendie, l’instant d’après elle avait pris l’éclat changeant d’une traîne de paon, puis elle tremblait et ondulait en une pluie flamboyante et fantastique qui dégouttait du haut de la voûte sombre et rocheuse, le long des parois humides, comme si c’était dans la nef de quelque grotte irisée de sinueux stalactites que je suivais mes parents, qui portaient leur paroissien; un instant après les petits vitraux en losange avaient pris la transparence profonde, l’infrangible dureté de saphirs qui eussent été juxtaposés sur quelque immense pectoral, mais derrière lesquels on sentait, plus aimé que toutes ces richesses, un sourire momentané de soleil; il était aussi reconnaissable dans le flot bleu et doux dont il baignait les pierreries que sur le pavé de la place ou la paille du marché; et, même à nos premiers dimanches quand nous étions arrivés avant Pâques, il me consolait que la terre fût encore nue et noire, en faisant épanouir, comme en un printemps historique et qui datait des successeurs de saint Louis, ce tapis éblouissant et doré de myosotis en verre. « 

Autant vous dire que si je me replonge dans les volumes de La Recherche, je ne suis pas prête d’abandonner le bleu des cyanotypes…

Cyanotypes à l’heure d’hiver

Ce n’est pas parce qu’officiellement on vient de passer à l’heure d’hiver que la saison des cyanos est finie! Grâce à une « fenêtre météo » favorable que j’avais anticipée, j’ai pu continuer quelques essais à partir de nouveaux négatifs que je n’avais pas encore testés, ou que j’ai mélangé à des anciens.

Entre le changement d’heure et le timide soleil d’automne, cette journée a pris des airs de course contre la montre, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Suite de la série « Cartographies intimes »:

Début d’une nouvelle série d’inspiration japonisante:

Et début d’une petite série sur carton qui seront à l’honneur pour mon 10ème « Vidatelier de l’Avent »

Expos Automne/Hiver 2019

Mes prochaines expos, salons, vide-atelier:

1. Awagami International Mini Print ( AIMPE), Tokushima ( Japon) du 5 octobre au 10 novembre 2019

2. International Print Exchange( IPE), Banks Mill Studios, Derby ( Angleterre) du 11 octobre au 5 novembre 2019.

3. Salon de St Martin ( Gers) du 12 au 20 octobre

4. Fin novembre: SMART / Supermarché de L’Art à Rignac ( Aveyron)

5. Pour l’Avent ( dernier we de novembre et 1er we de décembre): 10eme édition de mon  » Vidatelier de L’Avent ». Dans mon atelier toulousain et sur Fb pour les amis ou collectionneurs éloignés!

Sur les traces de Cézanne avec Fabienne Verdier (2ème partie)

Après les délices du Pavillon Vendôme et quelques calissons au vrai goût de Provence ( lire ici: Un dimanche sur les traces de Cézanne…1 ère partie) direction le Musée Granet.

Moi qui n’avais jamais vu de toiles de Fabienne Verdier en vrai, j’ai eu un choc. Les triptyques sont majestueux et leur installation invite à la contemplation.

Une fois passé le 1er choc esthétique , est venu le temps de l’observation minutieuse : technique, matières…

J’étais contente d’avoir commencé par la visite le matin du Pavillon Vendôme qui mettait l’accent sur les recherches., la gestuelle et les carnets d’étude de l’artiste. Après la théorie, la confrontation avec la physicalité des œuvres au musée Granet prenait tout son sens.

D’où une série de gros plans, détails qui vous montreront ce qui a arrêté mon regard.

Tout d’abord, la subtilité des fonds. Une myriade de couleurs mêlées qui varient d’une toile à l’autre.

Ensuite, la force et l’énergie du trait, bien-sûr.

Et aussi la richesse et la grande sensualité des matières…

Tout ce noir a fini par me donner l’envie d’un café que j’ai dégusté dans le jardin intérieur du Musée avant de diriger mes pas vers la dernière visite du jour: Le Granet XXème.

Quitte à être sur les traces de Cézanne, autant sauter à pieds joints sur l’occasion de voir la très belle collection rassemblant les artistes que la Ste Victoire ou la Provence a inspirés de près ou de loin.

Voici quelques uns des trésors que révèle le musée dans une ancienne chapelle du vieux Aix. Je vous laisse le plaisir de les reconnaître…

Un dimanche sur les traces de Cézanne…1 ère partie

Depuis le début de l’été je convoitais ce voyage à Aix en Provence pour aller voir la rétrospective Fabienne Verdier…

Pour mon arrivée hier soir tard à la Gare routière d’Aix, j’avais réservé une chambre Airbnb à 5mn à pied.

Il faut dire que le périple-même en ne partant que de Béziers où j’avais fait escale vendredi soir et samedi- n’est pas des plus simples. À Béziers, train pour Avignon-centre, changement pour Avignon-TGV puis train pour Aix gare TGV et enfin navette pour Aix centre ville!

Soit dit en passant la Gare Aix TGV surnommée  » Aixploration » est toute belle de verre et de bois vêtue. Pour les navettes, traverser la passerelle ( on dirait un paquebot) et descendre au sous-sol pour le départ de la navette 40 qui conduit dans Aix et va jusqu’à Marseille St Charles.

Bref on arrive bien crevé il fait nuit alors vite au lit et vivement dimanche!

Des 9h, alors que mon hôte dort encore, je me dirige vers le  » Café des Artistes », à 10mn du Pavillon Vendôme, premier lieu de rencontre avec le travail de Fabienne Verdier.

Un petit déjeuner de coureur de fond vu que je n’ai pas diné la veille et me suis couchée direct!

Le Pavillon Vendôme expose le parcours, les recherches préparatoires, les inspirations et les outils de l’artiste, depuis ses débuts aux Beaux-Arts de Toulouse. Bien- sûr sa formation ascétique en Chine est la plus passionnante. Pour plus d’information, il faut lire le récit qu’elle en a fait dans  » La Passagère du silence « .

La salle consacrée à ces carnets de recherches m’a aussi beaucoup intéressée, ainsi que la diversité de ses sources d’inspiration: peinture et philosophie chinoises, signes linguistiques ( avec Alain Rey) recherches de correspondances entre peinture et musique à la Juilliard SChool, et actuellement exploration des neurosciences.

Je salue aussi ici la gentillesse de l’accueil au Pavillon, comme au Musée Granet: dans ma précipitation, j’ai oublié chez moi ma carte de la Maison des Artistes mais les personnes au guichet m’ont simplement fait confiance et J’ai donc pu faire toutes mes visites gratuitement aujourd’hui.

Midi… moitié parcours, pause café avec seulement un petit gâteau et une escale à la Maison Brémond, confiseur à Aix depuis…1830. Je rapporte une boîte de calissons à mes chéris restés à la maison.

Suite de ce dimanche sur les pas de Cézanne et à la rencontre de Fabienne Verdier dans le billet, 2e partie…

Cyanotypes sur tissus anciens

Comme souvent l’été, j’ai profité des brocantes pour chiner de petites choses. Cette fois, j’ai trouvé des bouts de draps anciens, ornés de broderies et de dentelles pour poursuivre mes expérimentations de https://lapoudredestampette.com/2019/07/31/cyanotypes-sur-tissu/ .

Je suis pour l’heure assez réservée sur mes premiers essais car les draps anciens ne réagissent pas aux produits de façon aussi docile que mes tote bags en coton qui étaient légèrement amidonnés.

Résultat: la solution a tendance à « fuser » et il est difficile de la cantonner à des zones précises du tissu.

Lors de mes prochaines tentatives ( pas avant jeudi car le soleil s’est absenté en cette deuxième partie du mois d’août) je vais essayer de poser des caches pour empêcher la fuite du liquide lors de l’application et du séchage.

En attendant, voici des photos des pochettes à peu près réussie. Elles peuvent servir d’étui à téléphone, à maquillage, et seront bientôt exposées dans l’Aude d’abord à Bram lors des « Automnales des Essarts » (21 et 22 septembre)puis pour « L’Art S’invite A Magrie »( 5 et 6 octobre)

Cyanotypes sur tissu

Après avoir constellé de taches tee-shirts et jambes lors de la fabrication de mes petits carnets bleus ( cf ici:https://lapoudredestampette.com/2019/07/24/cyanotypes-entre-orages-et-canicule/) m’est venue l’idée de faire des cyanotypes sur tissu.

En vue de l’expo à Montolieu-village du livre- j’ai commencé une série de sacs en toile pour y glisser revues et livres, ou pourquoi pas, les fruits et légumes du marché, les courses, bref, tout ce qui vous plaira.

Aujourd’hui dernier jour de juillet, de nouveau, le temps s’est montré clément et j’ai pu exposer au zénith mes compositions florales et négatifs sur les sacs en coton.

Ah, la belle lessive ! Du bleu, des bleus, encore et encore…

Awagami Mini Print Exhibition J-2

Le soleil et l’inspiration sont revenus juste à temps pour me permettre de finaliser ma participation à cette exposition-concours au Japon.

Quel plaisir de travailler avec les échantillons de papier envoyés aux participants. Leur résistance à l’eau est exceptionnelle et le trempage révèle des trames, des points, des fibres insoupçonnables quand la feuille est sèche.

Voici le tirage avec lequel j’ai choisi de participer.

Je mets aussi des détails pour que vous puissiez juger un peu du papier, même si en photo ça ne rend pas vraiment bien.

Reste plus qu’à remplir les imprimés et poster le tout avant le 31, le cachet de la poste faisant foi. Tiens, et si je vérifiais les horaires d’ouverture de la poste? Ici, en montagne, ce n’est pas si simple, il faut viser!

Marque-pages pour Montolieu

Bientôt une expo à Montolieu, le « village du livre » J’ai pensé à vous, à nous, lecteurs, en créant des marque-pages tous uniques, tous différents.

Du beau papier Fabriano, des bouts d’herbier sauvage, un peu de chimie, beaucoup de soleil et les voilà prêts à partir dans l’Aude et à voyager entre vos mains, au gré de vos lectures d’été.

Personnellement, j’aime beaucoup la douceur du Rosapina Fabriano que j’ai utilisé- un papier épais, velouté- alors j’hésite à plastifier certains de ces marque-pages: ils seraient ainsi plus pérennes…mais tellement moins sensuels! Qu’en dites-vous?