Les plus petites cartes de voeux jamais envoyées…

J’avance à pas de fourmi dans ce projet que je dois absolument terminer avant la fin janvier, tradition oblige ! Le week-end dernier j’ai sélectionné la série de dix photos pour ces cartes, choisi le texte pour chacune et fait les 10 premiers tirages.

Ce week-end, je vais fabriquer les mini-enveloppes qui devront être tout de même plus grandes que les photos si je ne veux pas qu’elles s’égarent en route, et ne serait-ce que pour avoir la place pour l’adresse et le timbre !

J’invite ceux qui ne connaîtraient pas la technologie Zink , comme « zero ink » c’est à dire impression sans encre à lire mes billets précédents : Avec ou sans encre ? et Cartes de voeux 2021 et Zoemini.

Et je vous invite tous à classer les cartes de 1 à 5 (ou de 1 à 10 si vous avez le temps) par ordre de préférence. Si vous deviez recevoir une de ses cartes de voeux, laquelle vous ferait le plus plaisir ?

Une belle année et une bonne épiphanie à vous tous !

Ma « PAL » pour 2021

J’ai pas mal fréquenté d’autres blogs de lecture ce mois-ci alors que je participais à #monaventlitteraire 2020. J’y ai fait de belles découvertes et aussi rajouté un mot à mon vocabulaire, un nouvel acronyme : PAL pour Pile (de livres) A Lire.

En cette fin d’année, tandis que les bilans de lecture 2020 et les rétrospectives en tout genre remplissent l’espace, je préfère user de ce mot tout neuf et vous parler de ma « PAL » 2021.

C’est l’avantage quand on se met à fréquenter de nouveaux blogs, on fait de belles rencontres littéraires, comme si on parlait à un libraire dont on ne connaît ni le fonds ni les marottes.

Voici donc une première liste / pile de livres pour 2021, livres que je voudrais lire sans être confinée si possible, puisque l’heure est aussi aux voeux pour l’année qui vient !

4 écrits ou traduits en français, et 4 en anglais. Comme à mon habitude, je vais alterner les lectures en français et et anglais. Les titres des 4 livres en anglais sont, dans l’ordre: Les graciées, Nos espérances, Se cacher pour l’hiver et La Rivière en hiver. Comme on le devine d’après les titres, beaucoup de ces livres viendront se ranger dans ma bibliothèque boréale dont vous pouvez découvrir quelques titres ici Ma petite bibliothèque boréale, 1ère partie. et là : Ma petite bibliothèque boréale, partie II.

Et vous, que me suggéreriez-vous comme lecture ? Hâte de lire vos recommandations…

Cartes de voeux 2021 et Zoemini

Je vous avais déjà parlé de mon nouveau « jouet », la Zoemini. Si vous voulez avoir un aperçu de la technologie, je vous invite à commencer par lire mon article Avec ou sans encre ? Comme j’ai la chance d’avoir encore une semaine de vacances, j’en profite pour fabriquer des petites cartes de voeux puis je passerai à la réalisation des enveloppes au bon format avec du papier de récup.

Le format est vraiment minuscule, puisque chaque photo/ carte de voeux fait 5 x 7.6 cm. L’avantage c’est que je vais pouvoir personnaliser mes envois, en choisissant une photo qui corresponde à ce que chaque destinataire aime, ou à ce que je crois qu’il ou elle aimera.

Chaque photo est imprimée sans encre – mais ça vous le savez déjà si vous avez lu l’autre billet- et sur un papier autocollant. Autrement dit, la carte de voeux peut se transformer en « sticker » qui peut-être collé dans un agenda, sur un frigo ou dans un journal.

Pour ne rien vous cacher, c’est ce que j’avais prévu d’offrir à ceux qui participeront à mon Défi 2020 ! : pour l’instant je n’ai reçu aucun commentaire mais il n’est pas trop tard, il vous reste encore 3 jours pour gagner votre mini carte de voeux !

A qui le tour?

Je vous souhaite à tous une belle fin d’année.

Défi 2020 !

5 JOURS !

il reste 5 jours pour finir cette année

dont on est nombreux à avoir envie qu’elle s’achève enfin.

Alors je me suis lancé un petit défi pour que ça passe plus vite

et pour terminer l’année sur une note optimiste :

je voudrais essayer de dépasser le nombre de vues que j’ai eues depuis la création de ce blog…

Et pour cela je vais avoir besoin de VOUS :https://app.mojo.video/v/InVeLqRQ2ilDB5Abr9zzQ

Cette année, j’ai beaucoup écrit, lu, et assez peu gravé car l’atelier était biensouvent fermé. Il y a eu la rubrique Ô confins… où vous retrouverez les petits billets sur le 1er confinement en Haute Ariège; et aussi les posts sur mes lectures comme ceux de décembre dans #monaventlittéraire2020 et puis des notes sur mes recherches artistiques autour de la maison comme : Femme maison, contes et art brut, Je fais le tour de ma maison…., La maison de mes rêves… etc… et bien d’autres choses encore que je vous laisse découvrir de façon aléatoire !

Allez, je compte sur vous… et vous pouvez compter sur moi: il y aura bien un petit cadeau pour ceux et celles qui laisseront un commentaire comme trace de leur visite !

Ma petite bibliothèque boréale, partie II.

Pour prolonger un peu les sensations après notre premier voyage en hiver au Québec, en transit entre les deux continents j’ai lu le tout petit roman de Jean Désy: « Le coureur de froid ». La jeune femme à la caisse du Musée national des Beaux-arts du Quebec m’avait prévenue: vous avez choisi des beaux livres pour emporter le froid dans vos bagages.

Le coureur de Froid c’est ce médecin qui se perd volontairement au coeur de la taïga du Nunavik. Cette perte est aussi une quête, un renouveau. Jean n’en peut plus de son pavillon de banlieue, et ses escapades en forêt avec sa fille Marie ne suffisent plus à donner un sens à sa vie. Alors il quitte ce qu’il appelle « Le Grand Sud » pour son antipode.

C’est encore un livre de survie comme je les aime. Si vous avez aimé « Dans la Forêt » de Jean Hegland (https://lapoudredestampette.wordpress.com/2017/05/18/gravures-dernieres-lectures/ou « Dans les Forêts de Sibérie » de Sylvain Tesson ( https://lapoudredestampette.wordpress.com/2017/12/27/lecture-de-fin-dannee/ alors vous apprécierez ces pages.

Et puis il y a la rencontre avec Max, le renard des neiges, qui sauvera la vie de Jean en lui montrant le chemin jusqu’à la cabane au bord du lac après des jours d’errance. Un clin d’oeil à St Ex qui aurait perdu sa boussole et aurait fait cap au Nord.

Juste avant le départ, j’avais lu « Frère de glace » d’Alicia Kopf (« Germa de Gel », traduit du catalan). Obsédée par les explorations polaires et les étendues du Grand Nord, l’auteure-plasticienne les transcrit au travers de dessins, photos et textes mêlés. Au coeur de ce roman se trouvent un garçon autiste et sa soeur artiste, tous deux figés dans la glace de l’incommunication.

Un extrait:

La glace rétrécit les vaisseaux sanguins qui apportent le sang dans la zone blessée.(…) Autrement dit, le froid calme la douleur des coups. C’est peut-être de là que provient la préférence des âmes tourmentées pour les endroits gelés : la paix de la neige qui tombe. L’indifférence des montagnes. Le début et la fin de Frankenstein au Pôle Nord.

Pour refermer temporairement la porte de ma bibliothèque venue du froid, voici L’OURS un roman publié en France aux éditions 10/18 et traduit de l’anglais. Il reste le roman le plus connu de Marian Engel, écrivain canadien.

Lou, bibliothécaire et archiviste de Toronto, célibataire et timide, s’ennuie dans un institut poussiéreux. Mais son directeur l’envoie sur une île dans le nord de l’Ontario pour cataloguer la collection de livres anciens de feu le colonel Jocelyn Cary.

En faisant le tour de l’île et des rayons de la bibliothèque de la maison où elle est logée, elle perçoit la présence d’un ours. Ce roman court et intense a fait scandale à l’époque (1976) pour les pages où Engel décrit l‘éveil à la sensualité de la jeune femme au contact du monde sauvage.

Si en ce début d’hiver vous avez envie de vous plonger davantage dans ce genre de littérature et de voyager dans des contrées septentrionnales, je vous invite à lire aussi mon autre billet :Ma petite bibliothèque boréale, 1ère partie.

Hyacinthe et Rose

Un livre pour finir en beauté #monaventlittéraire2020

Ces deux prénoms de fleurs sont ceux des grands-parents de l’auteur, François Morel.

L’auteur nous raconte ses souvenirs d’enfance dans ce grand album magnifiquement illustré par les peintures de Martin Jarrie. L’oeil va de ravissement en ravissement, oscillant entre des textes parfois tendres, parfois mordants, et les fleurs en grand format sur la page de droite.

Tout sépare Hyacinthe et Rose, sauf l’amour des fleurs :

« C’est bien simple : Rose et Hyacinthe, mariés depuis quarante-cinq ans, ensemble depuis toujours, ne s’entendaient sur rien. Hyacinthe était coco, Rose était catho. Hyacinthe aimait boire, Rose aimait manger. Hyacinthe aimait la bicyclette, la pêche à la ligne, le vin rouge, la belote et les chants révolutionnaires. Rose préférait les mots croisés, le tricot, l’eau de mélisse, les dominos et les cantiques. Hyacinthe aimait traîner… à table, au lit, au bistrot, avec les copains, sur un banc, dans un champ, sur les talus, à observer les nuages… « Tu n’es qu’un Traînard », lui disait Rose qui était toujours la première debout, la première couchée, la première assise à table, la première levée de table, le repas à peine terminé déjà devant l’évier à nettoyer la vaisselle. « Madame Gonzales » l’avait surnommée Hyacinthe. En souvenir de Speedy.

Ils avaient dû s’aimer mais c’était il y a longtemps.

Il est même probable qu’ils aient pu faire l’amour. L’existence d’une descendance de douze enfants, de neuf petits-enfants le laisserait fortement supposer… »

La plupart des scènes se déroulent dans le jardin des grands-parents, dans l’Orne, où l’auteur passaient ses vacances. Ses souvenirs nous ramènent vers la fin des années 60 ou 70, dans un monde où flotte  » le parfum de l’enfance, l’envie que le monde soit ouvert, généreux, coloré, porteur de promesses et de beauté. « 

Ainsi, la description des blouses en nylon de Rose m’a rappelé plein de belles choses sur ma mère et mes grands-mères aussi :

Ses blouses étaient également fleuries mais en nylon. Le nylon était aux yeux de ma grand-mère le symbole même de la modernité. Les spoutniks qu’on envoyait dans le ciel l’indifféraient. Les transplantations cardiaques la laissaient de marbre. L’arrivée de la télévision en couleur ne l’avait pas spécialement bouleversée… Mais l’apparition du vêtement en nylon avait changé sa vie. « C’est pratique, c’est beau, ça se lave bien et en plus ça sèche en un rien de temps… »

Les blouses en nylon étaient ce qui donnait à ma grand-mère confiance en l’avenir, des raisons d’espérer.

Pour « finir en beauté » ce défi littéraire, voici la photo du Chapitre 2 qui tient en trois lignes que je vous donne à lire ici:

Tous les souvenirs, toutes les sensations, toute la connaissance, toutes les émotions que je garde de mes grands-parents sont liés aux fleurs. Toutes mes pensées…

Et c’est avec cette rose que

je vous souhaite un très joyeux Noël

ami lecteur, ami blogueur.

Moi, ce que j’aime c’est les monstres (Joker: le livre inclassable)

#monaventlittéraire2020, avant dernier jour !

Vous avez sans doute entendu parler de ce roman graphique d’Emil Ferris qui laisse rarement indifférent: soit on aime, soit on déteste. J’ai mis longtemps à rentrer dans son univers si particulier. Ce qui m’a attirée c’est d’abord le dessin et les choix graphiques qui rendent vraiment cet album inclassable. On en attendrait pas moins de la maison d’édition Monsieur Toussaint Louverture qui l’a publié en France :

L’auteur imite le dessin au stylo bille bleu d’une écolière artiste, Karen, 10 ans, l’héroïne du roman qui se prend pour une louve-garou vêtue d’un trench de détective et qui raconte l’histoire dans son carnet intime reproduit avec ses marges, ses lignes et même sa spirale mais la BD mêle plusieurs genres : roman noir, journal intime et livre fantastique, entre autres. Pour l’histoire, voici ce que nous dit la 4ème de couverture :

"Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, dix ans, adore les fantômes, les vampires et autres morts-vivants. Elle s'imagine même être un loup-garou: plus facile, ici, d'être un monstre que d'être une femme. Le jour de la Saint-Valentin, sa voisine, la belle Anka Silverberg, se suicide d'une balle dans le cœur. Mais Karen n'y croit pas et décide d'élucider ce mystère. Elle va vite découvrir qu'entre le passé d'Anka dans l'Allemagne nazie, son propre quartier prêt à s'embraser et les secrets tapis dans l'ombre de son quotidien, les monstres, bons ou mauvais, sont des êtres comme les autres, ambigus, torturés et fascinants. Journal intime d'une artiste prodige, Moi, ce que j'aime, c'est les monstres est un kaléidoscope brillant d'énergie et d'émotions, l'histoire magnifiquement contée d'une fascinante enfant. Dans cette œuvre magistrale, tout à la fois enquête, drame familial et témoignage historique, Emil Ferris tisse un lien infiniment personnel entre un expressionnisme féroce, les hachures d'un Crumb et l'univers de Maurice Sendak."

Voilà, le décor est planté. Il me reste à vous montrer une planche pour que vous vous fassiez une idée du style graphique et vous comprendrez pourquoi j’ai sans hésité choisi Moi,ce que j’aime c’est les monstres comme le joker de ce défi littéraire qui se termine demain. Dernière chose : c’est aussi un livre inclassable par son poids -1kg5 – qui ne permet pas de lecture dilettante dans le métro ou vautré dans son lit. Le papier reprend ses droits et c’est bien assis à sa table ou son bureau qu’on peut lire ce pavé. Une BD qui se mérite.

Jour 22 : L’herbier fantastique (le livre le + original)

#monaventlittéraire2020… c’est presque fini !

Je ne sais pas vous mais à la longue je me lasse de ce jeu. Présenter un livre par jour du 1er au 24 décembre, soit. Mais tous ces superlatifs me fatiguent. Malgré tout, je joue le jeu en vous parlant aujourd’hui d’un livre vraiment original que j’avais trouvé une année lors de la bourse aux livres du Museum de Toulouse. Il se présentait dans un coffret d’aspect vieilli, un peu abîmé, renfermant 40 ans de recherches botaniques d’un certain Irénée Cornélius.

Le livre s’ouvre sur un article du journal L’Aurore daté du 25 juillet 1914, nous apprenons la disparition d’Irénée :  » l’employé du Museum d’Histoire naturelle n’a pas reparu depuis trois semaines.  » C’est le début d’une aventure qui regroupe dans sa boite 27 fac-similés, tous aussi fantastiques les uns que les autres. On découvre des coupures de journaux, des dessins, des photos, des expériences scientifiques, des plantes carnivores…

Voici ici un lien qui devrait vous donner un aperçu de l’objet et l’envie de le trouver, bien que beaucoup de sites indiquent que , telle une espèce en voie d’extinction, il serait épuisé: https://fr.calameo.com/read/0045179726ec86ab12e01

A propos des auteurs : ils sont deux. L’écrivain, Lionel Hignard est né en 1951. « Après une première année d’études de cinéma, il se tourne vers la culture et la distillation des plantes aromatiques et médicinales. Il rejoint l’éducation à l’environnement en 1983 où il se consacre à l’étude des plantes usuelles et publie ses premiers ouvrages en 1995.  »

Dans le reste de l’article que j’ai trouvé sur lui, j’apprends qu’ il anime des ateliers d’écriture et occupe aujourd’hui le poste d’animateur formateur au sein de jardins partagés à Tournefeuille près de Toulouse. Quel heureux hasard ! Je suis membre de l’association de ces jardins partagés qui sont tout près de chez moi, je vais pouvoir me renseigner et peut-être rencontrer ce monsieur, participer à ses ateliers d’écriture, qui sait? Voilà de bien belles perspectives pour 2021 quand les animations reprendront. J’ai une amie que ça pourrait intéresser aussi !

Le deuxième, c’est Camille Renversade, un jeune illustrateur de talent. Son nom évoque un personnage de Balzac, il est diplômé de la fameuse école de dessin Emile Cohl de Lyon et il « aurait aimé faire partie de ces expéditions, composées de scientifiques, chercheurs, photographes, dessinateurs qui, jusqu’à la fin du XIXe siècle partirent à la découverte de nouvelles contrées éloignées à la recherche d’animaux ou de plantes inconnues.
Il se tourne vers les seuls êtres qui restent encore à découvrir, les animaux fantastiques, tels le yéti, les monstres marins, et autres dragons et la seule science qui leur soit consacrée : la cryptozoologie.« 

Tout cela est bien mystérieux et rajoute encore au charme inédit de ce livre inclassable…et introuvable sauf si vous avez vous aussi l’âme d’un chercheur infatigable !

Le plus beau titre

#monaventlitteraire2020, jour 21 : suis enfin à jour du calendrier!

Que dire de plus ? J’aime ce titre, un des plus beaux et des plus simples qui soit.

C’est (encore) une histoire de retraite mais pas en Sibérie comme Dans les forêts de Sibérie…avec Sylvain Tesson (le héros que j’aurais aimé rencontrer) mais cette fois au Japon.

Un peintre se retire dans une auberge de montagne dans une station thermale désertée, en que d’impassibilité et d’inspiration. Il aspire au repos, et c’est sans doute pour ça aussi que j’y repense en cette fin décembre, après cette année épuisante alors que je suis de nouveau dans ma maison des cimes, elle aussi au-dessus d’une station thermale sans curistes, sans skieurs, virus oblige…

Poète à ses heures, le peintre aime composer des haïkus qui capturent en dix-sept syllabes l’impermanence des choses et le sentiment du wabi que j’ai évoqué il ya longtemps ici : W comme Wabi sabi.

Le livre est empli de réflexions profondes écrites il y a plus d’un siècle et qui font singulièrement écho à notre monde en 2020. Voici un premier passage sur nos vies prisonnières dont vous apprécierez la modernité :

La civilisation, de nos jours, vous donne un terrain de telle ou telle superficie en vous disant d’y dormir ou de rester éveillé, à votre guise. Puis elle installe un grillage autour du terrain qu’elle vous a alloué et vous interdit de le franchir sous peine de représailles. C’est le propre de l’homme de vouloir se déplacer en toute liberté dans l’espace dont il dispose, mais il veut bénéficier de la même liberté au-delà des grilles. Les misérables peuples civilisés vivent du matin au soir en hurlant et en se brisant les dents à leurs grillages. La civilisation donne la liberté à l’individu, puis, au nom de la paix sociale, fait de lui un tigre pris au piège. Cette paix n’est pas une paix authentique. C’est la paix du tigre au jardin d’acclimatation fixant les visiteurs d’un œil rancunier tandis qu’il s’étire pour leur plus grand plaisir. Si un seul barreau de la cage se brisait, ce serait le chaos.

Et pour finir ce bel extrait qui nous parle du rôle ESSENTIEL de l’artiste :

 » C’est le poème, c’est le tableau qui libère le monde des vicissitudes et rend l’univers digne d’être aimé. C’est la musique, c’est la sculpture. On pourrait aller jusqu’à dire qu’il n’est pas nécessaire de récréer le monde. Il suffit de regarder autour de soi pour que vive le poème, pour que jaillisse le chant. »