Ohé, du bateau! Carnetier, carnetière…

Je vous ai manqué j’espère ? J’ai manqué de régularité: mon dernier billet date d’il y a un mois et demi, mais dans cet intervalle vide en apparence j’ai réfléchi aux sens si différents que nous donnons au mot « blog ». Déjà, il y a du boulot à faire sur le lexique, cet anglicisme ne me plait pas. Ceux qui me connaissent un peu savent à quel point j’aime l’anglais (j’en ai même fait un de mes métiers). Mais c’est justement parce qu’on aime et connaît une langue qu’on supporte mal de la voir galvaudée, utilisée par défaut dans une autre langue comme si cette autre langue avait besoin de béquilles.

J’ai fait quelques petites recherches et me suis régalée devant les trésors d’imagination déployée pour contourner, remplacer le mot « blog ». Je vous livre ici une petite liste trouvée sur Wikipedia.

« Le vocabulaire intuitif potentiel est vaste et participe à l’engouement autour du phénomène : blogage, blogable, bloguitude, moblog, blogiciel, audioblog, vidéoblog, photoblog, blogogeoisie ou « blogeoisie » (terme désignant les blogueurs dont les sites sont très visités), bloguien, carnetier/carnetière, carneter (le verbe), carneticiel, carnetable, carnetage, carnetodépendance, carnetosphère, audiocarnet, vidéocarnet, photocarnet, carnetiquette, blook (blouquin), etc. »

Inutile de vous dire que je préfère la fin au début ! Toutes les déclinaisons autour du mot carnet m’enchantent, et le terme « carnetière » tout particulièrement. Il évoque pour moi une louve qui dévorerait ses carnets ! Comme moi vous avez peut-être dans vos tiroirs toute une collection de carnets, certains terminés, d’autres à peine entamés, et d’autres enfin achetés ici ou là, au gré de voyages à l’étranger ou à la librairie du coin… Les carnets « au cas où », les carnets qui portent en germe les poèmes ou le roman que vous écrirez… un jour, les esquisses qui deviendront estampes, un jour…

Mais l’autre caractéristique qui me semble parfois un peu oubliée sur l’immense toile, le grand fourre-tout numérique, c’est l’étymologie du mot anglais. Ou devrait-on plutôt parler de racine, quand on sait que le premier sens de « log » est une bûche de bois ?

« Record of observations, readings, etc., » originally « record of a ship’s progress, » 1842, sailor’s shortening of log-book (1670s), the daily record of a ship’s speed, progress, etc., which is from log (n.1) « piece of wood. » The book so called because it recorded the speed measurements made by means of a weighted chip of a tree log on the end of a reeled log line (typically 150 to 200 fathoms). The log lay dead in the water, and sailors counted the time it took the line to play out. The line was marked by different numbers of knots, or colored rags, tied at regular intervals; hence the nautical measurement sense of knot (n.). Similar uses of the cognate word are continental Germanic and Scandinavian (such as German Log). General sense « any record of facts entered in order » is by 1913. »

It [the log-book] is a journal of all important items happening on shipboard, contains the data from which the navigator determines his position by dead-reckoning … and is, when properly kept, a complete meteorological journal. On board merchant ships the log is kept by the first officer: on board men-of-war, by the navigator. [Century Dictionary, 1897] »

Cette citation nous raconte que le « log » (morceau de bois) était un journal de bord dans un bateau mais c’était d’abord un instrument de mesure . Les marins utilisaient en effet une pièce de bois lestée et une bobine de corde sur laquelle étaient noués des chiffons de différentes couleurs . La vitesse à laquelle la corde à « noeuds » se déroulait donnait une indication de la vitesse du bateau et a donné naissance à l’unité de mesure en noeuds nautiques.

Finalement, le « web » est entré dans nos vies et avec lui le mot « weblog » bientôt écourté en « Blog ». Si je n’aime pas l’utilisation du mot en français, la genèse du mot anglais m’embarque au loin, en mer et j’aime l’idée que ces carnets de bord, de bouts de vie servent encore à recueillir l’écume des jours.

En mer, au loin, au nord du cercle polaire dans un pays de marins dont je vous parlerai dans mon prochain billet consacré au roman LES GRACIEES (The Mercies) qui scande mes fins de journées et berce mes nuits depuis quelques jours…

A bientôt!

Publié par

lapoudredestampette

La gravure représente la dernière étape en date de mon parcours artistique, après un long détour par la peinture à l’huile, l’acrylique et le collage. Depuis une dizaine d'années, je travaille l’estampe et ses nombreuses techniques d’impression à L’Atelier de la Main Gauche à Toulouse. Ce lieu encourage la pratique d’une gravure propre où l’emploi de produits toxiques est réduit au maximum. Je m’intéresse aussi à d'autres techniques d'impression comme le cyanotype, procédé photographique ancien.

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