Meilleurs Vieux?

Le blanc est là, c’est une invitation. Très bientôt, la dernière page de l’ancienne année sera écrite. Déjà les regards se tournent vers la nouvelle, avec son lot de promesses pour certains, d’angoisse pour d’autres, et d’un peu des deux pour beaucoup.

Je sais, c’est désuet, mais j’aime occuper ces derniers jours de décembre à écrire des cartes de voeux à ceux qui ne sont pas adeptes d’internet, ou à mes vieux amis. C’est mieux parce qu’au clavier ou sur mon téléphone j’ai la fâcheuse tendance à écrire « Meilleurs vieux » ! Et si c’était vrai?! Plus vieux, plus sages… de mieux en mieux!

Aujourd’hui les marches qui conduisent à l’atelier ne parlent que d’hiver mais derrière les murs épais la presse a bien marché: un peu de lino, un peu de papier, une dernière feuille de gingko et le tour est joué. Voilà une petite série de cartes faites main, faites maison…

Puis ce sera l’expédition dans tous les sens du terme: l’expédition jusqu’à la poste d’Ax, si la route est déneigée. Puis l’expédition des cartes sous enveloppe, avec un timbre comme avant, quoi. Petits plaisirs de fin d’année, petites joies surannées d’imaginer  le sourire des amis qui ouvriront bientôt leur boîte à lettre.

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« Chaque après-midi, je chausse mes raquettes… »

Quand le livre des nuits rejoint le bonheur des jours… La neige est tombée en abondance et nous avons chaussé les raquettes pour aller redécouvrir les prés alentours, maintenant que le blanc a tout métamorphosé. Hier soir, je continuais la lecture du journal que Sylvain Tesson a rédigé entre février et juillet 2010.

2eme extrait de « Dans les forêts de Sibérie », que je partage avec vous avec grand plaisir.

« Chaque après-midi, je chausse mes raquettes. Une heure et demie de marche dans la forêt pour atteindre la lisière supérieure des arbres.

J’aime entrer dans le bois. Derrière l’orée, les sons s’atténuent. Lorsque je pénètre sous la voûte d’une cathédrale gothique, en France ou en Belgique, j’éprouve le même engourdissement. Une douceur dans l’être qui alourdit les paupières et diffuse sa tiédeur derrière l’os frontal. Quelque chose réagit en moi au rayonnement de la pierre calcaire comme au rayonnement des résineux. A présent, je préfère les futaies aux nefs de pierre.

Sous les arbres, neige profonde. Le vent ne la balaie jamais. Malgré les raquettes, je m’enfonce. Les lynx, les loups, les renards et les visons circulent dans la nuit. La tragédie sauvage se lit dans les empreintes. Certaines sont perlées de sang. Elles sont les paroles de la forêt. Les bêtes ne s’enfoncent pas. La surface de leurs pieds est proportionnée à leur poids. L’homme est trop lourd pour aller sur la neige. Parfois, le cri des geais, et sinon le silence. Ils le lancent, du sommet d’un sapin, sentinelles de plume sur une tour d’aiguille. Ils crient parce que je pénètre chez eux. Personne ne demande jamais aux bêtes la permission de traverser leur domaine.

Le lichen pend aux arbres. J’ai lu un conte, il y a longtemps, où l’auteur imaginait un dieu errant dans les sous-bois : son manteau s’accrochait aux branches des arbres et les lambeaux devenaient le lichen.

La tristesse des pins: ils ont l’air d’avoir froid. (…)Quelques mélèzes subsistent au-delà de la frontière forestière. Ils poussent isolés et leurs branches contournées se détachent sur le fond lapis du lac, étoilé de fractures. L’or des branches, le bleu du lac, le blanc des fractures de glace : palette d’Hokusai. »

 

 

Lecture de fin d’année

Je vous écris depuis mon repaire montagnard où nous avons passé Noël en famille. Après deux jours très agréables entre tables, fourneaux et jeux de société, les invités sont repartis et la neige est arrivée. L’heure est venue de profiter de l’isolement,  du feu qui crépite, avec un bon bouquin.

Evidemment l’envie est grande de commencer ceux que j’ai eus en cadeau pour les Fêtes, et dont je vous parlerai plus tard…quand je les aurai lus.

Mais pour l’heure, je savoure un livre d’ermite qui va si bien avec ces heures de repli loin de la ville . Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson.  Le récit d’un homme qui décide de vivre pendant six mois dans une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal, à cinq jours de marche du premier village.

Plonger dans ce livre c’est laisser le temps s’arrêter, tourner les pages au ralenti pour méditer sur des listes minimales d’objets ou encore   des listes de livres que le narrateur a emportés avec lui.

Il y a très peu de dialogues car il y a très peu de monde et de visites. Le temps s’étire, et si le relevé des températures fait froid dans le dos, les longues heures à regarder le paysage au travers de la fenêtre et à boire des litres de thé me font elles, rêver. Mentalement, je coche les livres que j’ai déjà lus, ceux qui ne me disent rien, ceux qui me font envie. Inconsciemment je mesure le temps qu’il me reste pour les lire. Mais qui sait jamais le temps qui lui reste?

Voici un court extrait de ce journal, à la date du 24 février:  » A Paris, je ne m’étais jamais trop penché sur mes états intérieurs. Je ne trouvais pas la vie faire pourtenir les relevés sismographiques de l’âme. Ici, dans le silence aveugle, j’ai le temps de percevoir les nuances de ma techtonique propre. Une question se pose à l’ermite : peut-on se supporter soi-même?

Le passionnant spectacle de ce qui se passe  par la fenêtre. Comment peut-on encore conserver la télé chez soi ? « 

Bols, et symboles

Je ne résiste pas à l’envie de poster ces vidéos dans lesquelles notre Troubad’Oz conte l’histoire de l’association. On y voit et entend Patrick Payre en pleine impro s’arrêter  un moment sur mes créations qui auront fait une escale de deux ans dans la boutique-galerie Oz’arts du Jour.

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Passez de bonnes fêtes de fin d’année,  profitez des vôtres et de la vie et prenez soin de vous.

Cannelle & Tandoori

 

C’est le joli nom que nous avons donné à notre Brunch de Noël, GAlerie Oz ‘arts du Jour, dimanche 17. Venez découvrir les créations des artistes et artisans qui peuplent cet endroit, et l’interprétation poétique qu’en fera notre Troubad’Oz…le poète des lieux.

Deux moments de poésie et un brunch gourmand

Rdv à 11h et à 16h ce dimanche!

 

Oz’arts du Jour 69 rue de la Colombette, Toulouse

 

Brunch de Noël à Limoux

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De belles rencontres cosmopolites avec des peintres français, galois, des sculpteurs, une créatrice américaine dont la tante était costumière d’Isadora Duncan…et la visite de mes fidèles amies anglaises. Oui, Limoux est un carrefour international!

Et une petite  video du brunch musical animé par un chanteur …mexicain!

Galerie du Consulat, 4 rue du Consulat, Limoux

 

Le petit journal du Vidatelier de l’Avent

Déjà 8 ans que je fais un vide-atelier un peu particulier fin novembre- début décembre.

Particulier car il est en ligne, sur ma page Facebook, pour permettre à ceux qui sont loin, ceux qui n’ont pas de voiture ou juste pas envie de bouger de choisir une de mes estampes à  prix atelier. Particulier aussi car voilà huit ans que je me suis engagée à reverser 10% des ventes aux Restos du Coeur.Et chaque année, mes copains collectionneurs et les nouveaux qui nous rejoignent, on essaie tous ensemble de battre le record de dons de l’an passé.

Cette année, petite nouveauté, je tiens un journal pendant les deux semaines que dure le vidatelier et je raconte chaque jour une petite histoire autour d’une des gravures qu’on peut  acquérir ici

Voici celle du Jour 1

L »Ebouriffé. Je me souviens de la naissance de ce petit énervé. C’était un jeudi, et la semaine n’avait pas été fameuse. Je me passais les nerfs sur mon Moleskine, comme on gribouille sur un bout d’enveloppe en coinçant le téléphone contre la joue. Une myriade de petits traits nerveux sont apparus et là j’ai su que je pouvais me dépêcher de trouver une plaque de cuivre vernie, une pointe…L’Ebouriffé piaffait déjà sur la plaque, impatient d’être passé à l’encre noire et à la plume comme aux temps des indiens.

Voilà, je vais essayer de vous raconter chaque jour une petite histoire autour d’une des gravures, en espérant ne pas vous ennuyer. Et si vous aussi l’envie vous prend d’écrire un texte inspiré par l’une d’elles, à vos plumes, mes oiseaux!15941510_10212014250495867_2468248695427332144_n