Le plus beau titre

#monaventlitteraire2020, jour 21 : suis enfin à jour du calendrier!

Que dire de plus ? J’aime ce titre, un des plus beaux et des plus simples qui soit.

C’est (encore) une histoire de retraite mais pas en Sibérie comme Dans les forêts de Sibérie…avec Sylvain Tesson (le héros que j’aurais aimé rencontrer) mais cette fois au Japon.

Un peintre se retire dans une auberge de montagne dans une station thermale désertée, en que d’impassibilité et d’inspiration. Il aspire au repos, et c’est sans doute pour ça aussi que j’y repense en cette fin décembre, après cette année épuisante alors que je suis de nouveau dans ma maison des cimes, elle aussi au-dessus d’une station thermale sans curistes, sans skieurs, virus oblige…

Poète à ses heures, le peintre aime composer des haïkus qui capturent en dix-sept syllabes l’impermanence des choses et le sentiment du wabi que j’ai évoqué il ya longtemps ici : W comme Wabi sabi.

Le livre est empli de réflexions profondes écrites il y a plus d’un siècle et qui font singulièrement écho à notre monde en 2020. Voici un premier passage sur nos vies prisonnières dont vous apprécierez la modernité :

La civilisation, de nos jours, vous donne un terrain de telle ou telle superficie en vous disant d’y dormir ou de rester éveillé, à votre guise. Puis elle installe un grillage autour du terrain qu’elle vous a alloué et vous interdit de le franchir sous peine de représailles. C’est le propre de l’homme de vouloir se déplacer en toute liberté dans l’espace dont il dispose, mais il veut bénéficier de la même liberté au-delà des grilles. Les misérables peuples civilisés vivent du matin au soir en hurlant et en se brisant les dents à leurs grillages. La civilisation donne la liberté à l’individu, puis, au nom de la paix sociale, fait de lui un tigre pris au piège. Cette paix n’est pas une paix authentique. C’est la paix du tigre au jardin d’acclimatation fixant les visiteurs d’un œil rancunier tandis qu’il s’étire pour leur plus grand plaisir. Si un seul barreau de la cage se brisait, ce serait le chaos.

Et pour finir ce bel extrait qui nous parle du rôle ESSENTIEL de l’artiste :

 » C’est le poème, c’est le tableau qui libère le monde des vicissitudes et rend l’univers digne d’être aimé. C’est la musique, c’est la sculpture. On pourrait aller jusqu’à dire qu’il n’est pas nécessaire de récréer le monde. Il suffit de regarder autour de soi pour que vive le poème, pour que jaillisse le chant. »

Publié par

lapoudredestampette

La gravure représente la dernière étape en date de mon parcours artistique, après un long détour par la peinture à l’huile, l’acrylique et le collage. Depuis une dizaine d'années, je travaille l’estampe et ses nombreuses techniques d’impression à L’Atelier de la Main Gauche à Toulouse. Ce lieu encourage la pratique d’une gravure propre où l’emploi de produits toxiques est réduit au maximum. Je m’intéresse aussi à d'autres techniques d'impression comme le cyanotype, procédé photographique ancien.

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