Hyacinthe et Rose

Un livre pour finir en beauté #monaventlittéraire2020

Ces deux prénoms de fleurs sont ceux des grands-parents de l’auteur, François Morel.

L’auteur nous raconte ses souvenirs d’enfance dans ce grand album magnifiquement illustré par les peintures de Martin Jarrie. L’oeil va de ravissement en ravissement, oscillant entre des textes parfois tendres, parfois mordants, et les fleurs en grand format sur la page de droite.

Tout sépare Hyacinthe et Rose, sauf l’amour des fleurs :

« C’est bien simple : Rose et Hyacinthe, mariés depuis quarante-cinq ans, ensemble depuis toujours, ne s’entendaient sur rien. Hyacinthe était coco, Rose était catho. Hyacinthe aimait boire, Rose aimait manger. Hyacinthe aimait la bicyclette, la pêche à la ligne, le vin rouge, la belote et les chants révolutionnaires. Rose préférait les mots croisés, le tricot, l’eau de mélisse, les dominos et les cantiques. Hyacinthe aimait traîner… à table, au lit, au bistrot, avec les copains, sur un banc, dans un champ, sur les talus, à observer les nuages… « Tu n’es qu’un Traînard », lui disait Rose qui était toujours la première debout, la première couchée, la première assise à table, la première levée de table, le repas à peine terminé déjà devant l’évier à nettoyer la vaisselle. « Madame Gonzales » l’avait surnommée Hyacinthe. En souvenir de Speedy.

Ils avaient dû s’aimer mais c’était il y a longtemps.

Il est même probable qu’ils aient pu faire l’amour. L’existence d’une descendance de douze enfants, de neuf petits-enfants le laisserait fortement supposer… »

La plupart des scènes se déroulent dans le jardin des grands-parents, dans l’Orne, où l’auteur passaient ses vacances. Ses souvenirs nous ramènent vers la fin des années 60 ou 70, dans un monde où flotte  » le parfum de l’enfance, l’envie que le monde soit ouvert, généreux, coloré, porteur de promesses et de beauté. « 

Ainsi, la description des blouses en nylon de Rose m’a rappelé plein de belles choses sur ma mère et mes grands-mères aussi :

Ses blouses étaient également fleuries mais en nylon. Le nylon était aux yeux de ma grand-mère le symbole même de la modernité. Les spoutniks qu’on envoyait dans le ciel l’indifféraient. Les transplantations cardiaques la laissaient de marbre. L’arrivée de la télévision en couleur ne l’avait pas spécialement bouleversée… Mais l’apparition du vêtement en nylon avait changé sa vie. « C’est pratique, c’est beau, ça se lave bien et en plus ça sèche en un rien de temps… »

Les blouses en nylon étaient ce qui donnait à ma grand-mère confiance en l’avenir, des raisons d’espérer.

Pour « finir en beauté » ce défi littéraire, voici la photo du Chapitre 2 qui tient en trois lignes que je vous donne à lire ici:

Tous les souvenirs, toutes les sensations, toute la connaissance, toutes les émotions que je garde de mes grands-parents sont liés aux fleurs. Toutes mes pensées…

Et c’est avec cette rose que

je vous souhaite un très joyeux Noël

ami lecteur, ami blogueur.

Publié par

lapoudredestampette

La gravure représente la dernière étape en date de mon parcours artistique, après un long détour par la peinture à l’huile, l’acrylique et le collage. Depuis une dizaine d'années, je travaille l’estampe et ses nombreuses techniques d’impression à L’Atelier de la Main Gauche à Toulouse. Ce lieu encourage la pratique d’une gravure propre où l’emploi de produits toxiques est réduit au maximum. Je m’intéresse aussi à d'autres techniques d'impression comme le cyanotype, procédé photographique ancien.

2 réflexions au sujet de “Hyacinthe et Rose”

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